Valentin Silvestrov, Orchestre de Lituanie (Christopher Lyndon-Gee)

La musique de Valentin Silvestrov (né en 1937), promue par Gidon Kremer, pourrait bien prendre la relève de celle du Géorgien Giya Kancheli (1935-2019) dans le registre exotique, étrange et inattendu. Comme Kancheli, Silvestrov est un compositeur de climats, ce que montre Hélène Grimaud dans son CD The Messenger, où Silvestrov apaise le tumulte. À ce titre, il est stupéfiant que sa 7e Symphonie de 2003, un bloc de 17 minutes qui repose sur l’alternance éruption-calme, ait attendu si longtemps son premier enregistrement. Le calme y est admirable : du plus pur Mahler de notre temps. La quête de la sérénité, obsession de Silvestrov, transparaît dans sa 4e Cantate (2014), qui dénote toutefois une simplification (appauvrissement ?) du matériau musical guettant aussi par moments le Concertino pour piano et petit orchestre de 2015. On parle au sujet de cette musique de « postmodernisme ». Silvestrov se demande où va le monde et sa voix ne peut être si aisément cataloguée. Ce disque dresse un portrait pertinent de ces mystères de l’errance.

Valentin Silvestrov

★★★★

Orchestre de Lituanie, Christopher Lyndon-Gee, Naxos 8.574 123