Paradis artificiels, thaïs

Quelques semaines après sa participation aux Francouvertes, la jeune autrice-compositrice-interprète montréalaise thaïs lance un premier EP au diapason de l’automne : une pop planante et mélancolique comme le souvenir des belles soirées d’été. Pensez à Cœur de Pirate, un peu dans le timbre feutré de sa voix, surtout dans la manière de faire se rencontrer une écriture de chanson pop classique et des sonorités à la mode, généreuse en synthés et en programmation rythmique. Tout ici n’est pas d’égale qualité, alors que les chansons plus risquées sur le plan du son (Vanille) côtoient des ritournelles plus convenues. La superbe Les alentours, le meilleur texte des six, est livrée avec une prosodie s’approchant de celle d’une rappeuse, la rythmique parfaitement agencée ; sur la suivante, Boréale, sa voix se déploie élégamment sur un rythme house tout en retenue, c’est réussi. On tombera sous le même charme en découvrant la mélodie et le ton transi d’amour de Lou ; sur Sushi solitude et surtout La nuit te ressemble, les arrangements succombent à un format pop radiophonique sans provoquer d’étincelles.

 

 

 

Paradis artificiels

★★★

thaïs, indépendant