SIGN, Autechre

Dans une rare entrevue que le légendaire duo britannique accordait au New York Times, Sean Booth replaçait ce 14e album en carrière dans le contexte de la pandémie : « J’allais faire quelque chose de pur, de nouveau et de surprenant, et je me suis retrouvé avec quelque chose de presque prévisible », comme si les sonorités étonnamment douces qu’il a composées avec son collègue Rob Brown convenaient trop bien au moment que nous avons à traverser avec résilience. SIGN est l’album le plus calme et harmonieux qu’Autechre ait offert depuis Amber,en 1994 — à telle enseigne que le titre si00 aurait pu s’y retrouver ! —, commençant par les difformes mais irradiantes couches synthétiques de M4 Lema, jusqu’à ce trio de compositions (th red a, psin AM, r cazt) ambient qui concluent l’album de façon presque sereine. Il y a certes quelques flashs du Autechre abstrait, de ses rythmes hip-hop déconstruits et clivants (sur au14 et sch.mefd 2 en particulier), mais SIGN est avant tout un disque d’émotions immédiates, de mélancolie et de spleen, que ces deux têtes chercheuses dévoilent à point nommé.   

SIGN

★★★ 1/2

Autechre, Warp