Quatre hommes et un vaste répertoire

Quartom, c’est une formation fondée il y a douze ans qui réunit Philippe Martel, Benoît Le Blanc, Julien Patenaude, et Philippe Gagné.
Hubert Hayaud Le Devoir Quartom, c’est une formation fondée il y a douze ans qui réunit Philippe Martel, Benoît Le Blanc, Julien Patenaude, et Philippe Gagné.

C’est le 2 octobre, avant que les carrosses des Québécois ne se changent en citrouilles à minuit, sur ordre du Dr Arruda, que le groupe Quartom a pu prendre la scène pour lancer son dernier album, Rendez-vous, à la salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal. Et il fallait les voir en spectacle pour vraiment comprendre de quel bois se chauffe cet inusité quatuor de voix d’hommes a cappella, qui fait surtout dans la musique classique, mais aussi dans la pop, sans lever le nez sur des hits des Beatles ou… de Michel Louvain. Et en plus, ils sont drôles, ce qui n’est pas particulièrement courant sur les scènes où se jouent les mondes merveilleux de Schubert et de Bach.

Quartom, c’est une formation fondée il y a douze ans qui réunit Philippe Martel, Benoît Le Blanc, JulienPatenaude, et Philippe Gagné. « On aime rire et on aime la musique classique », dit simplement Julien Patenaude, baryton et contre-ténor et l’un des fondateurs du groupe, qui en fait aussi plusieurs arrangements.

« Des quatuors d’hommes a cappella, en musique classique, il n’y en a pas beaucoup », concède Philippe Martel, baryton basse du groupe, lors d’une entrevue Zoom. « En outre, mis à part certaines pièces du répertoire allemand, il faut souvent réarranger les morceaux. Dans 50 % des cas, on les fait faire, et on fait l’autre partie, ajoute-t-il. Julien fait beaucoup d’arrangements. »

Quartom est d’abord et avant tout né du désir des chanteurs d’être entre amis, et de pouvoir chanter un répertoire choisi. L’esprit carabin de cette bande d’hommes n’est sûrement pas étranger au fait qu’ils ont tous évolué, enfants, dans les groupes de petits chanteurs, qui du Mont-Royal et qui, Maîtrise de Québec.

On vise par exemple des jeunes qui viennent voir le concert avec leurs parents et qui disent “ben coudonc, j’aime ça”

 

Pour Rendez-vous, enregistré en pleine pandémie, le quatuor a choisi un répertoire axé sur l’amour et la rencontre. On y retrouve les chansons gaillardes, de Poulenc, ou O Love Divine, de Haendel, et des mélodies de Pierre Certon.

« Il faut qu’on fasse attention », notent les chanteurs, pour ne pas nous faire accuser de misogynie. Certains textes composés il y a 100 ou même 20 ans sont condamnables aujourd’hui. Dans la Pavane, de Thoinot Arbeau, par exemple, le texte dit : « Approche-toi donc, ma belle, approche-toi, mon bien », une formule assez explicite sur les rapports entre les sexes au XVIe siècle, époque à laquelle elle a été composée.

Des spectacles de Quartom, 75 % sont composés de musique classique et 25 % de musique populaire, précise Julien Patenaude. Rendez-vous, est, pour sa part, 100 % classique. Pourtant, le quatuor espère lancer prochainement un Rendez-vous 2, axé sur la musique populaire, qui arriverait en complément au premier. « C’est pour varier les plaisirs », dit Julien Patenaude.

Le groupe ne craint pas pour autant les foudres des puristes de la musique classique, qui ne font traditionnellement pas dans le mélange des genres. Déjà, le Conseil québécois de la musique lui a décerné, en janvier dernier, le prix de l’album de l’année, en musiques médiévale, de la Renaissance et baroque pour son titre Renaissance. C’est une reconnaissance, disent-ils, qui souligne leur sérieux lorsqu’ils abordent le répertoire classique.

Reste que le groupe se donne entre autres pour mission de rendre plus accessible le répertoire classique au public non averti. « On vise par exemple des jeunes qui viennent voir le concert avec leurs parents et qui disent “ben coudonc, j’aime ça” », dit Philippe Martel.  


À voir en vidéo

Rendez-vous

Quartom, Productions PVB, Bamartistik.com