Armin Jordan, Orchestre de la Suisse romande

Ayant évoqué lundi le style français, il nous a paru important d’en illustrer le concept à travers ce superbe CD récent, hommage au chef suisse Armin Jordan (1932-2006) regroupant quatre œuvres données en 1988 et en 1994 au Festival de Lucerne. Le Prélude à l’après-midi d’un faune et Six épigraphes antiques (orchestrés par Ansermet) de Debussy, la 2e suite de Bacchus et Ariane de Roussel et le Poème de l’amour et de la mer de Chausson avec Felicity Lott forment un programme exemplaire. Armin Jordan, père de Philippe Jordan, n’en avait certes pas la carrière mais compensait ce déficit par un très net surcroît de talent (la dernière facétie discographique de Philippe, une intégrale des symphonies de Brahms, est à fuir absolument). Tout ici est raffiné, souple (le Faune), intense (Roussel) et stylistiquement juste. La limite est évidente : il s’agit de documents de concerts, excellents, mais dont l’enregistrement n’est pas aussi fouillé que les références, notamment le Poème de Marie-Nicole Lemieux ou le Bacchus de Stéphane Denève.

Armin Jordan

★★★★
​Classique

Orchestre de la Suisse romande, Audite 95.648