ADISQ: Louis-Jean Cormier et Flore Laurentienne en tête des nominations

Louis-Jean Cormier récolte neuf nominations.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Louis-Jean Cormier récolte neuf nominations.

Le moral ébréché d’avoir été frappée par une deuxième fermeture forcée de ses activités en raison de la pandémie, l’industrie musicale, ébranlée cet été par une vague de dénonciations, a tout de même préparé le terrain pour son gala annuel du 1er novembre.

L’Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ) a dévoilé jeudi ses nominations, où se démarquent notamment Louis-Jean Cormier avec neuf mentions, le projet instrumental Flore Laurentienne avec sept, ainsi que Les Cowboys Fringants et Loud avec chacun six chances de remporter un Félix.

« C’est une journée où on peut se célébrer, c’est un baume, raconte Julie Gariépy, la productrice exécutive et directrice des Galas de l’ADISQ. Mais ça ne règle absolument rien, sinon que de se faire du bien et de voir ce qu’on a fait de bien cette année. Et de faire ressortir les artistes qui ont manqué cruellement de promotion et de moments pour aller rejoindre leur public. »

C’est donc Louis-Jean Cormier, qui arrive en tête des mentions pour cette 42e édition du Gala de l’ADISQ. Potentiel Interprète masculin, réalisateur et Auteur ou compositeur de l’année, le chanteur voit aussi son disque Quand tombe la nuit trouver une place dans les catégories des meilleurs albums Adulte contemporain et Choix de la critique.

En plus d’être nommé comme Groupe ou duo de l’année, les vétérans Cowboys Fringants peuvent se vanter de voir leur album Les Antipodes être nommé dans trois catégories « Album », soit ceux de Choix de la critique, Meilleur vendeur et Rock. Leur titre L’Amérique pleure leur vaut aussi deux nominations, pour Chanson de l’année et Vidéo de l’année.

La surprise vient toutefois du projet instrumental Flore Laurentienne, du musicien Mathieu David Gagnon. Fort d’un succès d’estime, mais d’une reconnaissance populaire plus modeste, le musicien décroche pas moins de sept mentions, dont celles d’Auteur ou compositeur de l’année et Révélation de l’année, en plus de se démarquer pour les arrangements et la réalisation, cosignées avec Sylvain Deschamps. « Pour être honnête je m’attendais juste à être nommé dans Album instrumental et that’s it, explique au bout du fil Gagnon, qui avait par ailleurs vu juste. Je sais que c’est une chance, mais tu fais pas de la musique pour être [à l’ADISQ], mais parce que t’en as envie, que t’en a besoin. »

Photo: Marie-France Coallier Archives Le Devoir Le groupe Bleu Jeans Bleu, fort de son dernier disque Perfecto, récolte aussi cinq nominations

Serein par rapport à ce printemps pandémique et cette nouvelle fermeture du monde culturel, Mathieu David Gagnon dit se réfugier en quelque sorte dans l’Histoire. « Il y a des carrières musicales qui se sont faites sur le timing, sur le fait d’arriver à la bonne place au bon moment. Mais ça va bien aller, c’est pas notre première pandémie. Mon arrière-grand-père a eu la grippe espagnole et il s’en est sorti ! » Amen !

La pianiste Alexandra Stréliski, déjà une des grandes gagnantes de l’édition 2019, récolte cette année cinq nouvelles nominations, dont celles d’Interprète féminine de l’année et de Spectacle de l’année – Auteure, compositrice, interprète. « Celle-là me fait particulièrement plaisir. Le spectacle, c’est ma gang et je m’ennuie d’eux. T’es 24 heures sur 24 ensemble, dans des trains, des avions, dans des pays différents. » Devant la situation actuelle, Stréliski n’est pas si optimiste, mais elle estime que « dans des périodes difficiles, il faut aussi prendre le temps de voir le beau, de rester en lien les uns avec et les autres ».

« C’est l’incertitude qui est un peu tannante », affirme pour sa part Mathieu Lafontaine, chanteur du groupe Bleu Jeans Bleu, qui récolte aussi cinq mentions — dont pour Chanson de l’année pour Coton ouaté. « Ces nominations-là font du bien, c’est de l’eau au moulin pour la suite des choses — quand il y aura une suite. C’est un beau petit baume sur une année spéciale ».

L’année 2020 a aussi été marquée par une série de dénonciations visant des agressions et des inconduites sexuelles de la part d’artistes, dont Bernard Adamus, Alex Nevsky, Obia le chef et Yann Perreau. Sans vouloir nommer d’artistes, l’ADISQ précise que six musiciens ont vu leur nom rayer des bulletins de vote par leur producteur cette année.

Julie Gariépy note par ailleurs que la présence des femmes dans les nominations est plus importante cette année. Elles récoltent 39 % des mentions, alors que la moyenne des cinq dernières années s’élève à 33 %.

Le gala de l’industrie aura lieu le 26 octobre, le Premier Gala animé par Pierre Lapointe se tiendra le 28 octobre et le Gala officiel sera diffusé le dimanche 1er novembre en direct du studio 42 de Radio-Canada. Louis-José Houde sera à la barre de l’événement pour une 15e année.