The Ascension, Sufjan Stevens

Une grosse bouchée à avaler d’un coup que The Ascension, huitième album du brillant Sufjan Stevens, tant musicalement — ici plus près des expériences pop électroniques de The Age of Adz (2010) que du folk thérapeutique de Carrie Lowell (2015) — que thématiquement. Son flair mélodique est intact, sophistiqué et élégant, se déployant dans des rythmiques soutenues et des orchestrations contrastantes de synthés analogues qui tentent souvent de lui servir des mises en échec. La manœuvre est au diapason du message pessimiste qu’on retient de The Ascension, message annoncé par l’épique extrait America en conclusion de ce disque qu’on a envie de considérer comme double : douze introspectives chansons où le musicien, candide, reconnaît ses torts et cherche la rédemption — notamment grâce aux sublimes Run Away With Me et Tell Me You Love Me —, puis se compare à une Amérique moralement ruinée à travers les vingt-cinq dernières minutes de l’album (Sugar, The Ascension, America). Stevens a le doigt sur le pouls du monde ; The Ascension est un disque exigeant et nécessaire. Écoutez Sugar

The Ascension

★★★★
Pop

Sufjan Stevens, Asthmatic Kitty