Twist and Doubt, Délage

Prenez John Maus. Ralentissez son tempo, rendez-le moins tapageur. Flanquez-le de musiciens qui ajoutent des couches de synthé cold-wave. Pas la cold-wave gothique, dépressive et sérieuse. Plutôt la cold-wave postmoderne dont le pathos est la principale force de frappe. Ariel Pink ? Ce n’est pas ça, mais pas loin. Maintenant, européanisez-le, donnez-lui un flegme décalé, quelque chose de blasé. Polyglotisez-le, collez-lui un accent et des paroles en allemand. Molly Nilsson ? Vous chauffez. Non, c’est Till Hormann que vous obtenez, la tête pensante derrière le projet allemand basé à Amsterdam Délage, qui offre un second tour de piste deux ans après l’émouvant et solitaire Loverboy Beatface. Une fois passé le doute (pas de farces) soulevé par le titre (il y a de la danse, il y a de la mélancolie ; il y a le jeu de mots évitable), on retrouve avec délice les boîtes à rythmes kitsch, la voix apathique, la basse hypnotique. Le dernier chapitre était plus pur, plus naïf, mais la recette fonctionne encore à merveille.  


Twist and Doubt

★★★ 1/2
​Pop

Délage, Mates Records