Barricades, Thomas Dunford (archiluth), Jean Rondeau (clavecin)

« Ruminants du geste-passion » et « flibustiers de la joie », voilà comment se définissent Thomas Dunford et Jean Rondeau. Tous deux sont déjà bien connus. Le premier l’est à travers ses disques (Bach, Vivaldi) sur l’étiquette Alpha, tous admirables. Le second bouleverse l’univers du clavecin depuis son arrivée dans le milieu musical. Barricades : le titre nous vient des Baricades mistérieuses [orthographe d’origine, NDLR] de François Couperin, la première plage du programme. Celui-ci est une « danse incantatoire », dans la terminologie des protagonistes. C’est avant tout une célébration du temps, où la répétition des motifs mélodiques ou rythmiques n’est pas une fatalité, mais une occasion d’enchanter, voire d’hypnotiser, comme dans la plage 13 : Le dodo, ou L’amour au berceau de Couperin. L’intervention vocale de Marc Mauillon dans un air de Michel Lambert casse un peu le cérémonial, contrairement à la charmante Lea Desandre qui s’insinue si subtilement dans Sans frayeur dans ce bois de Charpentier. Ce disque est l’un des grands rendez-vous de l’année. Écoutez un extrait de Barricades

Barricades

★★★★ 1/2
​Classique

Thomas Dunford (archiluth), Jean Rondeau (clavecin), Erato 0190295269951