Clémence, Sophie Day et invités

Pour peu que les merveilleuses, pertinentes et bienfaisantes chansons qu’écrivit notre chère Clémence DesRochers (sur les musiques d’amis compositeurs) bénéficient de ce florilège d’évidente qualité pour atteindre un plus vaste public, j’applaudis. Mais si l’esthétique privilégiée par Sophie Day — orchestre de chambre, ensemble jazzy — habille les mélodies avec l’ambition d’embellir, voire d’ennoblir, on ressort néanmoins de l’écoute avec l’impression de s’être éloigné du propos. Qu’à la différence de Renée Claude ou de Marie-Michèle Desrosiers, ces relectures ont refroidi les airs, en décalage avec la poésie chaude et tendre de Clémence. Pour dire ça simplement, on a changé les chansons de jardin, et ça sent moins la vie. Le choix des invités vient accentuer le déracinement : pour une Catherine Major qui sait se lover aux Deux vieilles, une Ranee Lee coolissime, les Étienne Dupré, Bruno Pelletier, Kathleen Fortin arrosent indûment les fleurs sous une pluie de postillons. À ça, je dis non.

 

La ville depuis, par Sophie Day et Bruno Pelletier

Clémence

★★
​Réinterprétations

Sophie Day et invités, Indépendant