Inflexiblement jazz, résolument métissée

Le cofondateur du collectif montréalais Moonshine, Pierre Kwenders
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Le cofondateur du collectif montréalais Moonshine, Pierre Kwenders

Des nouvelles de Moonshine

Le collectif montréalais Moonshine ne supporte pas le confinement, ayant récemment réussi à tenir une de ses fameuses soirées afro-électroniques à Paris, tout en maintenant sa présence sur l’antenne française de la radio Rinse.fm. En attendant que ses fêtes mensuelles renaissent à Montréal, le label annonce ses projets : après la parution de remix de Gbadolite, la collaboration entre Pierre Kwenders et Uproot Andy, on attend impatiemment la sortie cet automne d’Evolution of Congo, premier album de DJ P2N pour Moonshine, présenté comme une œuvre inspirée du folklore katangais et de l’afro-house sud-africain. De son côté, Kwenders prépare la sortie d’un mini-album en collaboration avec le compositeur électronique français Clément Bazin et sera l’une des têtes d’affiche — avec son complice Bonbon Kojak, maître ambianceur afrobeats — du festival Les Petites Lanternes, qui se tiendra le 19 septembre dans la municipalité de Béthanie.

 
 

Doublé africain au féminin

Le buzz est fort pour cette révélation belge d’origine congolaise. L’autrice-compositrice-interprète et rappeuse Lous and the Yakuza (Marie-Pierra Kakoma) s’apprête enfin à révéler les chansons de son album Gore, initialement annoncé le printemps dernier. Réalisé par le compositeur et beatmaker espagnol El Guincho (reconnu pour son travail auprès de Rosalià), ce premier disque pour Columbia Records met l’eau à la bouche des amateurs de trap-soul exploratoire et métissé. Autre poids lourd féminin de la rentrée africaine : la Nigériane Yemi Alade, authentique pop star sur son continent ayant récemment collaboré au projet audiovisuel Black Is King de Beyoncé, prépare la sortie cet automne de son cinquième album solo.

Photo: Sony
 
 

Du jazz en club

La scène jazz québécoise s’est organisée pour garder la tête hors de l’eau en temps de crise. Saluons l’initiative « virtuelle » du Festi-Jazz de Rimouski qui s’est tenue la semaine dernière, et l’édition spéciale de l’OFF Festival de jazz de Montréal, qui aura lieu du 1er au 3 octobre. Entre-temps, il est possible de profiter du talent des jazzmen d’ici en réservant une place (limitée) au Upstairs et au Dièse Onze, deux piliers de notre scène ayant adapté leurs lieux aux règles de santé publique. Jim Doxas Quartet (le 11 septembre) et le Samuel Blais Quartet (12 septembre) sont notamment de l’affiche du Upstairs, alors que le pianiste Jean-Marc Pilc (24 septembre) et le trio de Rachelle Therrien (25 septembre) garnissent l’affiche du Dièse Onze. Prenez soin de réserver vos places par téléphone.

Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir
 
 

Thelonius déterré

Le célèbre compositeur et pianiste Thelonius Monk, décédé en 1982, a capté l’attention des admirateurs et collectionneurs : lors du premier Record Store Day, il y a deux semaines, le label Tidal Waves Music éditait pour la première fois en vinyle Palais des Beaux-Arts 1963, concert enregistré par un radiodiffuseur belge. C’est toutefois Palo Alto qui fait saliver les aficionados : enregistré avec son fameux quartet au Palo Alto High School en octobre 1968, ce concert jusqu’alors inédit constituerait l’une des meilleures performances du maître jamais conservée sur bande magnétique, à une époque où son quartet était à son pinacle. Le label Impulse ! (Universal) devait initialement le publier au milieu de l’été, mais un différend entre Columbia (Sony), la succession du jazzman et Universal avait mis le projet sur la glace. Cette fois, c’est vrai, et attendu le 18 septembre.