Des disques à écouter dans sa bulle

Daniel Bélanger proposera le disque «Travelling», du Bélanger instrumental qui se situe entre la bande originale morriconnienne et un voyage astral.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Daniel Bélanger proposera le disque «Travelling», du Bélanger instrumental qui se situe entre la bande originale morriconnienne et un voyage astral.

Il y a ça de gagné avec la musique enregistrée : elle ne peut que nous contaminer de bonnes vibrations et peut s’écouter en toute sécurité dans le confort de notre bulle. Aussi bien s’y attarder, la consommer, la partager, la chanter même, tant que ce n’est pas en karaoké. Et l’automne promet un petit chapelet de belles sorties issues d’ici ou d’ailleurs.

À commencer par un disque très intrigant de la part de Daniel Bélanger. Le vétéran qui aime bien ne pas rester sur place proposera aux premiers jours d’octobre le disque Travelling, « une trame sonore sur votre imaginaire ». Du Bélanger instrumental donc, un peu dans son Spoutnik, qui, selon ce qu’on a pu glaner, se situe entre la bande originale morriconienne et un voyage astral.

La programmation automnale semble pour l’heure laisser une belle place à de nombreux groupes ou artistes importants, mais pas de la trempe de la vedette. Comme Antoine Corriveau, qui fera paraître le 9 octobre son quatrième disque déjà, intitulé Pissenlit.

Déjà, les premières notes mises en avant le montrent renouvelé et ambitieux, alors qu’il y nourrira une réflexion personnelle sur le territoire.

Le Québécois Peter Peter, établi à Paris depuis sept ans, reviendra avec du nouveau matériel dès le 25 septembre. Le disque s’intitulera Super comédie, et a été ficelé un pied de chaque côté de l’Atlantique. En sol local, Peter Peter a travaillé avec Emmanuel Éthier (Chocolat).

Le prolifique musicien et réalisateur Alex McMahon a beaucoup travaillé dans des groupes (Plaster, Cargo Culte) ou au service des autres, mais la rentrée automnale le verra poindre (25 septembre) avec son propre matériel — avec plusieurs invités vocaux — pour une toute première fois. Ce sont en fait les pièces de l’émission télévisée Expat qui vivront ici de leurs propres ailes. Et en tant que réalisateur, McMahon verra aussi quelque part en novembre la sortie des nouvelles pièces de la douée Beyries, qui offrira un deuxième disque, majoritairement en anglais, comme son premier album, Landing.

Chez les Anglos

La scène anglo sera d’ailleurs bouillonnante lors de cette rentrée. Will Butler, d’Arcade Fire, reviendra en solo le 25 septembre avec un deuxième disque, intitulé Generations, où il propose de creuser dans sa lignée familiale à la recherche du filon musical qui l’anime — et son frère Win aussi !

Le trio Montréalais Plants and Animals, dont les membres ont papillonné avec différents projets au fil des derniers mois, reviendra avec un cinquième disque en carrière, The Jungle (23 octobre), qui est annoncé comme court (huit titres), mais audacieux. Les trois premiers extraits semblent leur donner raison.

Après avoir multiplié les courts EP, la chanteuse Helena Deland inscrira un premier disque complet à son dossier le 16 octobre, et qui portera le titre Someone New.

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir La chanteuse Helena Deland inscrira un premier disque complet à son dossier, qui s’intitulera «Someone New».

Le groupe The Franklin Electric fera le chemin inverse, passant du disque au EP. Les sept titres de Never Look Back verront le jour le 20 novembre prochain.

La chanteuse et musicienne Marie Davidson s’associe pour sa part à L’Œil nu, formé de ses proches Pierre Guerineau et Asaël R. Robitaille. Ensemble, ils concoctent non sans humour noir de la musique pop et électro. Au menu des inspirations avouées de ce trio : Fleetwood Mac, Kraftwerk, Billie Holiday et Mylène Farmer.

Rap et électronique québécois

La scène rap et électronique québécoise aura aussi son soubresaut post-pandémique. Avec notamment le retour du vétéran Imposs (Muzion), qui proposera de nouveaux morceaux sept ans après son dernier disque. Le nouveau matériel à paraître le 2 octobre sous le titre Elevaziiion se veut, aux dires du rappeur, un pont générationnel entre le rap d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Loud, Rhyme et Tizzo sont au nombre des collaborateurs.

Laurence Nerbonne reviendra aussi avec un nouveau disque, un an à peine après son plus récent Feu. Un premier extrait de son troisième disque, Première ministre, révèle selon elle un virage plus assumé vers une musique plus urbaine.

Du côté des recrues rap, on note la sortie du premier disque de Shreez — qui faisait partie des gagnants du dernier prix de la chanson SOCAN — ainsi que celui de Fredz. Ce dernier a tout juste 18 ans, et offre des pièces flirtant avec la chanson et la pop.

Ailleurs

Hors des frontières québécoises, les sorties seront aussi légion. Du côté de la France, Woodkid, qui avait fait tourner bien des têtes il y a presque sept ans déjà, offrira un nouveau disque dans les semaines qui viennent. Francis Cabrel lancera pour sa part À l’aube revenant le 16 octobre, alors que Jane Birkin reviendra sur disque le 20 novembre, avec Oh pardon tu dormais…

L’Hexagone n’échappera pas à la nostalgie — ou au report de l’enregistrement de certains disques — et produira aussi un lot de coffrets : une intégrale de Guy Béart, un ensemble de sept vinyles de Mylène Farmer, sans compter un Léo Ferré issu de l’époque 1960 à 1967.

Les voisins américains feront de même, notamment avec des coffrets souvenirs de Britney Spears, Destiny’s Child et TLC.

Côté nouveautés, la liste est longue, mais notons dans le lot des parutions de Sufjan Stevens, d’Elvis Perkins, de Jónsi (de Sigur Rós), d’Alicia Keys, de Metz, et même des Smashing Pumpkins. Le batteur du groupe, Jimmy Chamberlin, proposera même un disque solo le 25 septembre.