San James, San James

Ainsi, San James — Marilyse Senécal au civil — est-elle arrivée à ce moment crucial où l’on se montre. Où l’on ose. Ses deux disques précédents ne valaient pas moins le déplacement : les mélodies belles et obsédantes de la claviériste, l’intensité du propos, tout était là, mais la chanteuse se tenait dans l’ombre, en relative sécurité derrière ses textes en anglais. Le pas vers le français, de toute évidence, la révèle comme jamais : le mal de vivre et l’appétit de vivre se livrent le même combat, mais à découvert, et la voix —magnifique et bouleversante — resplendit enfin à l’avant-plan dans le mixage. Les arrangements en crescendo lent — cordes entrelacées par Mélanie Venditti, guitares de Francis Baumans — servent la chanteuse, et pas le contraire. Nos corps qui se longent, la remarquable chanson qui est au cœur du disque, devient symbole : rien n’empêche désormais l’artiste d’être San James en anglais et un peu plus Marilyse en français. On va la suivre, dans tous ses chemins.

Écoutez Nos corps qui se longent

San James

★★★★

San James, La société oblique