Peel, KMRU

Étoile montante de la scène expérimentale de Nairobi, le DJ, compositeur et concepteur sonore Joseph Kamaru (ne pas confondre avec la légende kenyane, icône du style populaire benga) était encore, le 10 mars dernier, à Montréal, à l’invitation du MUTEK AI Art Lab. Il a pu retourner chez lui juste avant que la planète ne cesse de tourner. Armé de son ordinateur portable, les 48 heures de transit entre le Québec et le Kenya se sont ainsi transformées en laboratoire sonore, générant les six pièces qui constituent Peel, le premier album qu’il offre pour la maison de disques suédoise Editions Mego. Six épreuves du temps suspendu, chaudes harmonies égratignées par de métalliques traits d’épingles, poussées, comme dans les 23 minutes de la chanson-titre, par un diffus motif mélodique et rythmique évoquant le The Disintegration Loops (2003) de William Basinski. À l’opposé du spectre ambient, KMRU se fait plus mystique, presque pastoral, sur la superbe Solace. Cet exercice né de la contrainte du temps et de la crise sanitaire est réussi en cela qu’il apaise et rassure, comme un retour auprès des siens.


Peel

★★★ 1/2
​Expérimental

KMRU, Editions Mego