L’OSQ en scène: le public dit merci!

Nicolas Ellis dirigeant l'Orchestre symphonique de Québec
Photo: Brent Calis Nicolas Ellis dirigeant l'Orchestre symphonique de Québec

L’ouverture des salles à 250 spectateurs le 3 août et des festivals en extérieur dans la même semaine ne semble guère avoir inspiré les institutions musicales, qui ne se bousculent pas au portillon pour renouer avec leur public en chair et en os. Un organisme fait exception : l’Orchestre symphonique de Québec qui, dès le 5 août, accueillait des mélomanes au Grand Théâtre pour un programme Mendelssohn, Strauss, Morricone, Elgar et Tchaïkovski. Le Devoir a appris que l’OSQ remettra cela dès le 19 août avec nulles autres que Marie-Nicole Lemieux et Julie Boulianne dans un grand programme Rossini.

Mercredi 19 août au Grand Théâtre de Québec, Marie-Nicole Lemieux et Julie Boulianne, cousines par alliance dans la vie, qui se sont déjà fréquentées sur des plateaux de maisons d’opéra, chanteront leur premier concert en commun. L’annonce en sera faite dans la journée de mercredi. Il s’agira pour l’Orchestre symphonique de Québec du second concert au Grand Théâtre depuis l’élargissement à 250 personnes du nombre de spectateurs.

En effet, alors qu’à Montréal, le 5 août, l’Envolée symphonique au Parc P5 de l’aéroport permettait de saluer par des klaxons la 5e Symphonie de Beethoven de l’OSM diffusée à travers les autoradios de 520 voitures, à Québec les mélomanes pouvaient renouer avec leur orchestre dans leur salle. Ils étaient alors 175. L’erreur d’interprétation des règles sera corrigée le 19 août : ce sont bien 250 spectateurs qui sont admis et non 250 personnes incluant l’orchestre, le personnel et les techniciens de scène, comme l’OSQ et le Grand Théâtre l’avaient initialement interprété.

Directrice générale de l’OSQ, Astrid Chouinard a pu tirer plusieurs précieux enseignements d’un événement fruit d’une décision rapide mais minutieusement préparé. L’OSQ ne s’est pas jeté dans le grand bain par improvisation. Dès la reprise du travail de l’orchestre, à la mi-juillet, un concert diffusé sur Facebook a permis aux musiciens de se retrouver et de renouer avec leurs automatismes, cultivés les 31 juillet et 1er août lors du mini-festival numérique partagé avec les Violons du Roy, au Palais Montcalm, et diffusé en audio sur le Grand Marché de Québec.

« Le concert du 5 août avec Nicolas Ellis était prévu sur Facebook. Mais, dès le départ, nous nous sommes dit que si à ce moment-là nous pouvions avoir du public, nous ferions en sorte de l’accueillir », nous dit Astrid Chouinard. Les billets mis en vente un vendredi soir pour un concert le mercredi suivant avaient tous trouvé preneurs, au tarif unique de 40 $, le dimanche matin. « Évidemment, nous aurions pu en vendre beaucoup plus. Et nous n’avions annoncé le concert qu’aux abonnés de notre infolettre ! »

De bons enseignements

Astrid Chouinard constate : « Tout s’est mieux déroulé que nous le pensions. » Ayant déjà commencé à travailler au Grand Théâtre et au Palais Montcalm pour les concerts virtuels, « les musiciens avaient retrouvé leurs marques, et l’occupation de l’arrière-scène, le plan de la scène ainsi que le déplacement des artistes avaient déjà été testés et maîtrisés. »

Le nouvel élément était donc l’accueil du public avec des billets vendus par téléphone et Internet, aucun achat sur place le soir. « Le public avait des billets électroniques et avait été prévenu des règles (rester chez soi en cas de symptômes, apporter des masques…). Il y avait des stations de lavage de mains et le personnel était prêt à distribuer des masques. »

Avec la distanciation de 1,5 mètre, deux sièges étaient laissés libres entre chaque spectateur et une rangée sur deux était occupée. Pendant le concert de 75 minutes sans pause, le public pouvait enlever les masques.

« C’était touchant de vivre cette expérience. Je voyais bien le public, très diversifié, de tous âges, extrêmement reconnaissant. À la fin, on entendait des mercis tout autant que des bravos et les musiciens ont dit merci à leur tour. Lorsque les lumières se sont allumées dans la salle, les musiciens ont remis leurs masques. Le public aussi. Ils se sont regardés, il y a eu quelques éclats de rire et des mercis ont encore fusé de part et d’autre. Puis, chacun est retourné chez soi. »

Selon Astrid Chouinard, le public est prêt à recommencer l’expérience le plus rapidement possible. « L’expérience du 5 août confirme les résultats d’un sondage qui nous montre que les gens sont prêts à revenir en salle plus qu’on l’imaginait au départ », analyse-t-elle.

Seuls de minimes ajustements seront nécessaires le 19 août : « Au niveau de la scène, il y a des chanteuses, donc projection de fluides, et le public devra être plus loin dans la salle. Le plan sera donc ajusté », précise la directrice de l’orchestre.

Gageons que le rendez-vous qui sera annoncé aujourd’hui mettra moins de 24 heures à faire le plein.

Un sondage nous montre que les gens sont prêts à revenir en salle plus qu’on l’imaginait au départ


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