Pyramid, Jaga Jazzist

Du jazz, à prendre au sens très large : il y a d’abord ces belles phrases de saxophone ornées de piano et de synthés planants en ouverture (et ailleurs sur l’album), or cette chanson se nomme Tomita, hommage au prénommé Isao, fameux compositeur japonais de space music, si bien que Jaga Jazzist dérape assez rapidement une sorte de prog-rock jovial enforme de thème imaginaire d’une série télé de science-fiction des années 1970. C’est suranné, mais ça coule de source, le timbre des claviers, le jeu précis du batteur. À l’opposé, la troisième des quatre « petites symphonies » qui constituent l’album se nomme The Shrine, un clin d’œil ici à Fela Kuti, poussant alors l’orchestre norvégien dans un étrange afrobeat où des synthés poisseux imitent la section de cuivres. Du jazz, ça, vraiment ? Et pourquoi pas : Jaga Jazzist ne s’est jamais enfargé dans les étiquettes, s’amusant plutôt à brouiller les pistes entre les genres musicaux, citant le rock expérimental allemand des années 1970 autant que le catalogue du label ECM. Écoutez Tomita​

Pyramid

★★★★
Jazz

Jaga Jazzist, Brainfeeder