Anton Bruckner, les neuf symphonies

Désormais, les plus grands cycles brucknériens sont accessibles pour une bouchée de pain. Le quatuor de choix est constitué par le mystique Günter Wand dans la collection « Masters » chez RCA, le stupéfiant rematriçage du hiératique Karajan (DG) et les deux cycles Jochum, le premier chez DG, le second chez EMI devenu Warner. Jochum apparaît comme le brucknérien le plus tellurique : il relance sans cesse le discours et fait figure de modèle pour animer cette musique (premier volet de la 8e !). Gravé entre 1975 et 1980, ce cycle a toujours été mésestimé, car achevé à l’époque où tout le monde cherchait des enregistrements « DDD ». Pourtant, l’orchestre est somptueux et certaines symphonies (la 4e) surpassent ce que Jochum avait enregistré précédemment. Dans une acoustique un peu sèche, Jochum est l’anti-Karajan, l’anti-Wand. C’est une voix brute, sanguine, cinglante et lapidaire qu’il faut connaître, d’autant que ce style se perd ces temps-ci. Le nouveau coffret utilise le rematriçage de 2000 et les pochettes d’origine, sauf pour la 4e et la 5e. Écoutez Symphonie No. 8 en C mineur: II. Scherzo. Allegro moderato - Trio. Langsam​

Bruckner

★★★★
Classique

Orchestre de la Staatskapelle de Dresde, Eugen Jochum, Warner 9 CD 0190295317461