Dmitri Chostakovitch, Concertos pour violon nos 1 et 2

Moment de grâce peu après cinq minutes dans le 1er mouvement du 1er Concerto de Chostakovitch : sur la corde la plus aiguë, Alina Ibragimova prend le relais de la flûte. Le son est presque intangible, mais cette nuance n’est pas factice. Il y a beaucoup plus que des concertos pour violon dans ce disque : il y a de la vraie, grande et intense musique ; il y a la vie, l’effroi et la mort. Beaucoup de choses sont dites dès l’entrée en matière, dans la manière dont la soliste dose le vibrato. Quand Chostakovitch pleure-t-il ? Quand souffre-t-il ? Quand est-il à bout de force ? Les réponses apportées par Ibragimova-Jurowski sont toujours intéressantes, voire captivantes, adjectif qui n’est pas choisi au hasard, car le jeu sur les nuances impalpables et les sonorités creusées (fin du Nocturne) force la concentration. Les versions du 1er se sont multipliées ces dernières années, mais les disques de référence couplant les deux concertos ne sont pas légion. On notera que le début du finale du 1er Concerto est joué au violon au lieu des bois. Écoutez Violin Concertos​

Chostakovitch

★★★★ 1/2
Classique

Alina Ibragimova, Orchestre d’État de Russie, Vladimir Jurowski, Hyperion CDA 68313