L’OSM révise sa saison, mais maintient son automne

Alors que les orchestres des États-Unis tirent un trait les uns après les autres sur leur année 2020, les perspectives restent positives pour le milieu du classique au Québec.
Antonio Saito Alors que les orchestres des États-Unis tirent un trait les uns après les autres sur leur année 2020, les perspectives restent positives pour le milieu du classique au Québec.

Le milieu de la musique classique au Québec révise ses plans, mais va de l’avant pour l’automne, alors qu’aux États-Unis l’année musicale 2020 est de plus en plus compromise. Le passage, jeudi, à 250 du nombre de spectateurs autorisés dans les salles québécoises vient de donner le coup de pouce qui a été longuement attendu.

L’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) avait promis, le 7 juillet dernier, de rendre publique sa saison 2020-2021 dès que les autorités annonceraient le passage de 50 à 250 personnes du nombre maximal de personnes dans des lieux publics intérieurs et extérieurs. Il faudra attendre la seconde quinzaine d’août pour connaître ce programme a appris Le Devoir.

Ces dernières semaines, nous nous demandions surtout quelle saison l’OSM allait annoncer, car plusieurs sources nous indiquaient que des artistes étrangers qui devaient venir à l’automne voyaient leurs projets annulés les uns après les autres. Pascale Ouimet, cheffe des relations publiques et des relations médias, confirme ces annulations : « C’est exact. »

Les avis envoyés aux artistes pour annuler leur venue et les projets dans le cadre de la saison initialement prévue n’ont pourtant pas pour but d’hypothéquer l’automne, mais de le reformater, nous dit Mme Ouimet. « Nous avons retravaillé la saison. Il y a des éléments qui restent et des éléments à changer. » Il y a les artistes internationaux, mais aussi des questions de contenu : « Nous ne pouvons dépasser 50 musiciens. Certaines œuvres ont donc été écartées. » Verdict bientôt : « Nous allons annoncer la saison entre mi-août et fin août. »

Alors que les orchestres des États-Unis tirent un trait les uns après les autres sur leur année 2020, alors que le maire de Philadelphie a interdit les rassemblements jusqu’au mois de mars 2021, les perspectives, ici, restent positives. « C’est une bonne nouvelle, car nous avons aussi un plan numérique que le passage à 250 spectateurs vient bonifier. Le numérique ne sera plus uniquement numérique », nous apprend Mme Ouimet.

Nous ne pouvons dépasser 50 musiciens. Certaines oeuvres ont donc été écartées.

 

La salle Bourgie aussi

Par ailleurs, comme le montrent les mécanismes décisionnels de la Santé publique en matière d’arts de la scène, décrits dans Le Devoir, mardi 21 juillet, avec un passage à 250 personnes le 3 août, il existe un espoir théorique de voir le nombre maximal rehaussé d’un palier à la mi-septembre. Comme nous le disait alors la Dre Marie-France Raynault : « On se donne trois à quatre semaines pour regarder si ç’a un effet et, ensuite, on augmente. On en est rendus à 250 et, si tout se passe bien, on pourra à terme augmenter à 500 […]. Plus tard, on passera à 1000, selon la situation. »

Le problème est que les possibilités d’observer en contexte les incidences de la décision en des points névralgiques comme les flux de spectateurs à l’entrée et à la sortie des salles ou les sanitaires, ne seront pas nombreuses en août : c’est l’intersaison, et il n’y a pas de festivals.

Pour de plus petites salles comme la salle Bourgie, l’annonce de jeudi fait toute la différence. Là aussi il y aura un automne musical et la publication du programme prévue cette semaine avait été ajournée, puisque seule une présence de 100 à 130 spectateurs distanciés dans cette salle de 400 places la rend viable. Tant que le plafond était à 50, aucune annonce ne pouvait se faire.

Jointe par téléphone jeudi soir, Isolde Lagacé, directrice de la salle Bourgie nous a confirmé être en mesure de faire des annonces le 6 août prochain. Pour elle, une augmentation future des plafonds ne changera rien. Seul un abaissement de la distanciation de 1,5 m à 1 m pourrait in fine augmenter le nombre de mélomanes et ses revenus de billetterie.

Pour l’OSM subsiste un point crucial : la présence de tous les artistes venant de l’étranger n’a pas été annulée dans ce qui pourrait se dessiner comme une saison plus locale ou du moins un « automne bleu ». Le Devoir avait eu vent du projet de faire revenir Kent Nagano comme chef invité pendant la saison 2020-2021. Le concert d’adieu reste-t-il dans les plans de l’automne ? « Avant la pandémie, on prévoyait un retour de Maestro Nagano. Là, c’est un retour qui pourrait devenir des adieux dans un programme reformaté », confirme Mme Ouimet.

Par ailleurs, il sera intéressant de voir comment l’orchestre gérera le premier semestre 2021. L’annulation des concerts de mars à mai 2020 a très fortement perturbé le processus de recrutement du nouveau directeur musical. Il semblerait qu’une bonne partie des prospects devraient être replacés dans la programmation au début de l’année prochaine.

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