Species, Bing & Ruth

En faisant cavalier seul sur son nouvel album, le New-Yorkais David Moore, compositeur, pianiste et leader de l’ensemble instrumental Bing & Ruth, s’est perdu dans son propre album concept. Tomorrow Was the Golden Age (pour petit orchestre, 2014) et No Home of the Mind (pour cinq pianos, 2017) avaient établi le projet dans la mouvance néoclassique, mais ce Species, sorte d’étude pour orgue Farfisa, tente plutôt d’investir le vaste monde de la musique ambient. Album contemplatif inspiré par l’immensité de l’horizon marin de Point Dume, près de Malibu, Species rompt avec le rassurant dynamisme qu’insufflait jusqu’alors Moore à ses compositions. Ce nouvel album est d’une irritante monotonie, une succession d’arpèges et d’harmonies certes jolies, d’effets de texture sonore peu inspirés, exception faite de ceux qui animent les dix pastorales minutes de The Pressure of This Water, composition qui serait sans doute passée pour la pierre d’assise de cet album si les 34 minutes la précédant ne nous avaient pas paru uniformément banales.

Écoutez Live Forever

Species

★★ 1/2

Bing & Ruth, 4AD