L’exil, Bernardino Femminielli

« Les carottes sont cuites », râle d’entrée de jeu le poète-musicien Bernardino Femminielli sur l’expansive French Exit qui ouvre L’exil, premier disque d’un triptyque abordant des thèmes plus personnels que ceux, lubriques et sadiques, qu’il nous proposait il y a quatre ans sur l’excellent Plaisirs américains. Candide, mais toujours aussi fantasque, Femminielli parle des déboires, des remises en question et des défis artistiques qui l’ont poussé à s’exiler à Paris, où furent écrits ces textes habillés des chutes de studio et des prises inédites enregistrées pour son précédent album. Le fantôme du Gainsbourg de L’homme à la tête de chou rôde sur ce disque aux relents de disco glauque, de rock psychédélique — la guitare débridée de L’amour avec moi, excitée par l’envie d’aller faire « l’amour dans les chiottes minables de cette discothèque » — de krautrock et de spoken word, parfois tout ça en même temps, sur les 16 fascinantes minutes de la chanson-titre, par exemple. Comme une version moderne d’Aut’Chose, ce Bernardino, personnage unique dans notre paysage musical. 

L’exil

★★★ 1/2

Bernardino Femminielli, Éditions Appaerent