Ludwig van Beethoven, Juilliard String Quartet

Il est toujours amusant de tenir dans sa main droite une intégrale « présentée pour la première fois en coffret », comme le prétend l’éditeur Sony au dos de ce boîtier, tout en tenant de l’autre main un coffret (SB8K 87889) publié par Sony en 2002 ! Ce qui est neuf pour vrai est un étalement en neuf CD au lieu de huit, le rematriçage et une présentation plus soignée (notice, détails d’enregistrement). Pour le son, le gain se manifeste surtout dans les quatuors médians et finaux (ex. Scherzando vivace de l’Op. 127 avec plus de perspective et de présence). La plus-value ne justifie pas le rachat du coffret pour ceux qui l’ont acquis en 2002, d’autant que nous n’avons rien remarqué sur l’Opus 18. Interprétativement, nous avons là une grande référence dans une optique « radiographiée » des partitions, à l’opposé du Beethoven plus sensuel et incarné des Emerson, Pražák ou Takács. C’est une leçon de maîtrise conceptuelle, englobant architecture et détails. Ce fut un jalon important de la discographie et le grand des deux cycles « des » Juilliard.

 

Ludwig van Beethoven

★★★★

Juilliard String Quartet (intégrale 1964-1970), Sony, 9 CD 19075992332