Des habitués et des pousses fringantes aux prix Polaris

La rappeuse Backxwash
Photo: Bianca Lecompte La rappeuse Backxwash

La liste des finalistes au prix canadien de musique Polaris jongle entre des habitués ayant déjà remporté les grands honneurs et de jeunes pousses fringantes et audacieuses. Dans la liste dévoilée mercredi, on compte deux Montréalais, le compositeur électro Kaytranada et la rappeuse Backxwash.

De cette liste 2020, trois ont déjà gagné la réputée récompense célébrant le meilleur album au pays sans égard au genre et aux ventes : Kaytranada (en 2016), Lido Pimienta (en 2017) et Caribou (en 2008).

La liste des dix finalistes est complétée par Junia-T, nêhiyawak, Pantayo, Jessie Reyez, U.S. Girls et Witch Prophet. Aucun artiste francophone ne se retrouve parmi les finalistes cette année. Dans la sélection préliminaire de 40 noms du Polaris, douze artistes étaient Québécois et six chantaient dans la langue de Molière.

Le prix Polaris offre 50 000 $ au gagnant et 3000 $ aux neuf autres nommés. Cette sélection de finalistes a été déterminée par le vote d’un jury indépendant composé de critiques de musique, de diffuseurs et de blogueurs. C’est la rappeuse Haviah Mighty qui a remporté les honneurs l’année dernière.

« Cette année, la courte liste présente à la fois de nouvelles voix prometteuses et des artistes célèbres ayant déjà remporté le Polaris ; un mélange représentatif de l’étendue et du dynamisme de la musique canadienne, a déclaré dans un communiqué Melissa Vincent, porte-parole du jury du Polaris. J’aimerais inviter tout le monde à prendre le temps d’écouter attentivement chacun de ces albums très méritants. Vous ne le regretterez pas. »

Pour être admissibles, les albums devaient avoir été lancés entre le 1er mai 2019 et le 31 mai 2020.

Parmi ces « voix prometteuses », mentionnons la Montréalaise Backxwash, de son vrai nom Ashanti Mutinta, une femme trans née en Afrique dont le premier disque, God Has Nothing to Do With this Leave Him Out of It,possède une énergie « furieuse », pour reprendre l’avis du collègue Philippe Renaud. Le groupe tout féminin et queer Pantayo a également une proposition unique. Les Torontoises utilisent notamment le kulintang, un instrument des Philippines, d’où les cinq membres sont originaires.

Cette liste de finalistes fait aussi place au groupe autochtone nêhiyawak, d’Edmonton, qui offre une musique à la fois dense et rêveuse, surtout chantée en anglais et qui fait par moments penser à The National, mais avec des racines cries.

Le Polaris fête cette année son 15e anniversaire. L’habituel gala annuel du prix n’aura pas lieu cette année en raison de la pandémie. Le gagnant sera connu le 19 octobre au terme de la diffusion d’un événement en ligne, que l’on décrit comme un « hommage cinématographique ».

Plusieurs Québécois ont déjà gagné le Polaris, dont Arcade Fire, Patrick Watson et Godspeed You ! Black Emperor. Le seul artiste francophone à avoir réalisé l’exploit à ce jour est Karkwa, en 2010.

La liste complète des finalistes

Backxwash – God Has Nothing to Do With this Leave Him Out of It
Caribou – Suddenly
Junia-T – Studio Monk
Kaytranada – Bubba
nêhiyawak – nipiy
Pantayo – Pantayo
Lido Pimienta – Miss Colombia
Jessie Reyez – Before Love Came to Kill Us
U.S. Girls – Heavy Light
Witch Prophet – DNA Activation


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