Le rappeur Maybe Watson largué par Alaclair Ensemble

La publication Facebook d'Alaclair Ensemble mentionne «une histoire inacceptable concernant Maybe Watson». Aucun détail n’était fourni sur les gestes reprochés à l’ex-membre.
Photo: Marie-France Coallier Archives Le Devoir La publication Facebook d'Alaclair Ensemble mentionne «une histoire inacceptable concernant Maybe Watson». Aucun détail n’était fourni sur les gestes reprochés à l’ex-membre.

Le rappeur Maybe Watson a reconnu dimanche avoir commis des « gestes déplacés » et s’est retiré de toutes ses activités publiques, après que la célèbreformation québécoise Alaclair Ensemblel’eut exclu de ses rangs en raison d’une « histoire inacceptable ».

« Je salue le courage des victimes qui dénoncent ; je mesure aujourd’hui l’ampleur du mal dont je suis responsable. Je demande pardon. Ma conduite a souvent été tout à fait déplorable. Je suis franchement désolé », a écrit Olivier Normandin-Guénette, alias Maybe Watson, dans une publication en ligne.

Quelques heures plus tôt, il était largué par le groupe hip-hop qu’il avait cofondé en 2008. « Nous venons d’être informés d’une histoire inacceptable concernant Maybe Watson. En date d’aujourd’hui, il ne fait plus partie du groupe. Nous nous dissocions de lui, nous sommes sans mots… », pouvait-on lire dans une publication Facebook d’Alaclair Ensemble. Aucun détail n’était fourni sur les gestes reprochés à l’ex-membre.

« En ce moment, on est un peu dévastés, on est un peu décâlissés », a rapidement expliqué au téléphone Éman, un membre d’Alaclair Ensemble. Il assure que la troupe veut « prendre position » et procédera bientôt à une nouvelle déclaration publique.

Je salue le courage des victimes qui dénoncent ; je mesure aujourd’hui l’ampleur du mal dont je suis responsable

 

Disques 7ième Ciel, la maison de production du groupe hip-hop, a relayé dimanche le message de la formation sur l’exclusion de Maybe Watson en l’accompagnant de cette note : « Une décision responsable que nous soutenons sans équivoque. »

Coyote Records, avec qui travaille le rappeur pour sa carrière solo, a pour sa part confirmé mettre fin à sa relation d’affaires avec Maybe Watson. Dans une publication mise en ligne trois jours plus tôt, la compagnie offrait tout son soutien aux victimes et se dissociait de « tous les artistes, collaborateurs et partenaires d’affaires ayant été visés par des allégations ».

Alaclair Ensemble indique n’avoir jamais été mis au courant d’un comportement répréhensible de la part de l’un ou l’autre de ses membres avant samedi soir. « Nous avons [alors] reçu un texto d’une amie nous expliquant l’histoire… Et nous voilà moins d’une journée plus tard », lit-on en ligne.

Pour sa part, Maybe Watson dit souhaiter que ses inconduites ne nuisent pas à la formation. « En rien les membres d’Alaclair ne sont responsables de mes inconduites, écrit-il. Il m’est insupportable de penser que par association ils seraient entraînés dans cette histoire. Je leur demande pardon. » Le rappeur dit maintenant vouloir entreprendre une thérapie.

Comportements problématiques

Dans les derniers jours, le comportement problématique de nombreux acteurs du monde culturel québécois a été mis à l’avant-plan.

Mariepier Morin, Bernard Adamus, Yann Perreau et David Desrosiers (le bassiste de Simple Plan) se sont excusés pour des gestes dénoncés sur les réseaux sociaux. Alex Nevsky a pour sa part avoué avoir entretenu des comportements abusifs. Vendredi,l’ADISQ a décidé d’exclure l’étiquette Dare to Care de son association après que le patron de celle-ci, Éli Bissonnette, eut reconnu avoir abusé de son autorité.

La ministre de la Culture du Québec, Nathalie Roy, a réagi dimanche à ces nombreuses allégations lors d’un point de presse à Québec.

« C’est très préoccupant. Évidemment, toute personne victime d’abus et de harcèlement doit dénoncer, a-t-elle déclaré, citée par Radio-Canada. C’est important que toute personne sache qu’il y a un processus judiciaire qui est là, il y a des mesures qui sont là pour appuyer les victimes et je préconise naturellement la voie que nous nous sommes tous donnée. Nous vivons tous dans une société de droit. »

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