Igor Kuljeric, Choeur de la Radio bavaroise, Philharmonie de Munich, Ivan Repusic

Très puissante œuvre, que ce Requiem glagolitique (1996) du Croate Igor Kuljeric (1938-2006) après la guerre des Balkans. Comment un traumatisme récent de l’histoire a-t-il pu marquer la création artistique ? Les plus éminentes incidences du 11 septembre 2001 en musique ne se dessinent guère. Là, au moins, la question ne se pose pas : la terre et les racines culturelles s’accrochent à ce qu’il y a de plus ancien et de plus rassembleur chez les peuples slaves : l’alphabet glagolitique de Cyrille et Méthode dans une liturgie. Janácek avait composé une messe, Kuljeric en fait un requiem. Musicalement, la même ferveur (sans orgue) dans une œuvre qui convoque l’héritage de Carl Orff, notamment dans la vaste Séquence (Poslidnica) de Janácek (Svet), mais aussi des Noces de Stravinski dans la 2e et la 3e section de l’offertoire et de l’opéra russe. La foule a une importance capitale et rarement premiers mots d’une notice n’ont été si justes : « vieux peuple, nouvelle nation » ! Superbe satisfaction : l’excellente prestation du Québécois Éric Laporte dans cette œuvre fervente complétée par un court mais remarquable hymne de Gotovac.  

Igor Kuljeric

★★★★

Choeur de la Radio bavaroise, Philharmonie de Munich, Ivan Repusic, BR Classic 900 331