Homegrown, Neil Young

C’est l’appât préféré de la promo de matériel d’archives : le « great lost album ». Le Graal, dit-on aussi. À la fin, ça se dévalue. Savez quoi ? Pour une fois, la promesse est tenue. Cet être un peu extrême qu’est Neil Young remisa bel et bien Homegrown, disque fin prêt en 1975 ; seulement voilà, c’était le témoin en chansons d’une rupture insupportable, et Neil décida d’enfouir sa douleur pour l’éternité. Il faut croire qu’après 45 ans, la perpétuité a été commuée en libération conditionnelle : nous découvrons donc ce véritable chaînon manquant, que le remarquable Tonight’s The Night sorti alors en lieu et place ne chercha pas à remplacer. Sept chansons inédites (mentionnons Separate Ways, belle à pleurer) côtoient les premières versions très Harvest dans le genre de titres repris ailleurs (admirable White Line), et les arrangements sont si doux qu’ils font mal. Pensez : c’est Levon Helm, Emmylou Harris, Robbie Robertson, Ben Keith, qui sont avec Neil. Et nous avec eux, maintenant. Enfin.

Écoutez Separate Ways

Homegrown

★★★★

Neil Young, Reprise Records /  Warner