Rough and Rowdy Ways, Bob Dylan

Danger : chef-d’œuvre annoncé. Après huit ans de saucettes dans la piscine du domaine Sinatra, ce 39e album est forcément reçu comme si Moïse avait de nouveau séparé les eaux pour nous montrer la voie. I Contain Multitudes, False Prophet, Crossing the Rubicon, les titres le proclament : ce qui sera dit ici est très important. Le mixage en témoigne : l’accompagnement est loin derrière, la voix très clairement détachée, il s’agit de bien entendre la parole d’évangile du troubadour-poète. Lequel poétise moins, justement. His Bobness a privilégié la clarté, balisé l’accès. L’heure n’est plus aux strates métaphoriques chères aux exégètes : se faire entendre et comprendre pendant qu’on est encore vivant, voilà l’urgence. S’il faut remonter à l’assassinat de JFK pour expliquer la vie, quitte à y passer 17 minutes, Dylan n’hésite pas. Il énonce, prononce, chante magnifiquement : plus question de rebuter, mais de rejoindre. Chef-d’œuvre ? On verra. De l’essentiel Zimmy ? Ça oui.

Écoutez I've Made Up My Mind to Give Myself to You

Rough and Rowdy Ways

★★★★★
​Americana

Bob Dylan, Columbia / Sony