Montréal perd sa Maison du jazz

George Durst, avait fondé cet établissement, d’abord baptisé le Biddle’s,  en 1981 en  collaboration avec le contrebassiste Charlie Biddle. Le club  a été renommé après le décès de ce dernier, en 2003.
Valérian Mazataud Le Devoir George Durst, avait fondé cet établissement, d’abord baptisé le Biddle’s, en 1981 en collaboration avec le contrebassiste Charlie Biddle. Le club a été renommé après le décès de ce dernier, en 2003.

Il y aura au moins un absent dans la reprise des activités des clubs de jazz à Montréal : la Maison du jazz (House of Jazz) Oliver Jones — surtout connue sous sa première appellation de Biddle’s Jazz and Ribs — ne rouvrira pas ses portes.

Le nom de l’établissement du centre-ville de Montréal, rue Aylmer, continuera tout de même d’exister un peu plus au nord. La succursale lavaloise de la Maison du jazz reprendra en effet ses activités jeudi, a confirmé au Devoir la propriétaire, Marie-France Villette. Celle-ci est la veuve de l’entrepreneur George Durst, qui avait fondé le Biddle’s en 1981 en collaboration avec le contrebassiste Charlie Biddle. Le club a été renommé après le décès de ce dernier, en 2003.

Sans avoir la réputation musicale du Upstairs ou du Dièse Onze — les deux clubs de jazz aux affiches les plus relevées à Montréal —, la Maison du jazz faisait néanmoins partie d’un court réseau de scènes offrant une place de choix à ce genre musical. L’excellent pianiste Taurey Butler restera associé aux dernières années du club, figure pivot de ce club au décor chargé.

C’est la fille de M. Durst qui avait hérité de l’établissement. Selon Mme Villette, il faut attribuer la disparition de celui-ci à la crise de la COVID-19. « À Montréal, il y avait beaucoup de réguliers le midi, des gens dans les tours de bureaux. Et le soir, c’était beaucoup de touristes. Mais là, les hôtels sont fermés ou vides, les tours de bureaux aussi. C’est une décision mathématique : c’est très cher d’opérer… Mais tout le monde est triste de la situation. »

Réouvertures

La réouverture des restaurants de Montréal permettra par ailleurs une reprise graduelle des activités au Upstairs et au Dièse Onze. Joint dimanche, le propriétaire du Upstairs, Joel Giberovitch, a indiqué que les concerts reprendront le 3 juillet dans son établissement de la rue Mackay. Les consignes sanitaires à respecter modifieront toutefois grandement les habitudes de la place.

M. Giberovitch estime qu’il pourra accueillir entre 25 et 30 personnes dans un établissement qui compte normalement quelque 75 places. Il commencera par ouvrir deux soirs (vendredi et samedi), avant d’ajouter les jeudis et dimanches soir. Des panneaux de Plexiglas seront installés sur les banquettes, tout le monde devra porter un masque, tout sera nettoyé entre les deux prestations quotidiennes…

« L’ambiance sera un peu différente, dit celui qui accueille toujours lui-même ses clients à la porte. On a pris ça très au sérieux, mais je pense qu’on va trouver l’équilibre pour que tout le monde se sente à l’aise et en sécurité. »

Une chose ne changera toutefois pas : il y aura des prestations tous les soirs — mais pas plus qu’un trio sur scène, et pas de chanteur pour le moment. Le trio de Guillaume Martineau sera le premier à se produire, suivi le lendemain par… Taurey Butler.

« Les musiciens étaient tellement contents quand j’ai fait les appels, dit Joel Giberovitch. Et moi aussi ! Après, on comprend que la formule sera complètement différente, et qu’il faudra voir comment on peut faire rouler ça avec trois fois moins de monde. Mais quand même. »

Rue Saint-Denis, le Dièse Onze reprendra ses activités d’une manière semblable au Upstairs. Quant au Café Résonance — qui présente régulièrement du jazz avenue du Parc —, on indiquait dimanche qu’il n’y avait pas de plan précis de retour des spectacles (le volet restauration fonctionne).

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