Un tour du monde en musique

«La flûte enchantée»,<i> </i>de Mozart, vue par les metteurs en scène Barbe et Doucet à Glyndebourne, sera diffusée samedi à 14 h 41.
Photo: Bill Cooper Glyndebourne Productions Ltd «La flûte enchantée», de Mozart, vue par les metteurs en scène Barbe et Doucet à Glyndebourne, sera diffusée samedi à 14 h 41.

Cette fin de semaine, le mélomane tirera parti de la programmation spéciale entourant les cinq années de présence de Mezzo au Québec. À cet effet, la chaîne Mezzo Live HD sera débrouillée du 19 au 23 juin pour les abonnés de Vidéotron, Cogeco et CCAP et vous embarquera, du samedi 20 à 7 h au dimanche 21 à minuit, pour un tour du monde en musique : trente capitales musicales et 40 heures de musique.

La partie québécoise se déroulera samedi à partir de 18 h 54 avec l’OSM et Kent Nagano à la Maison symphonique dans un programme Grieg, Mozart et Sibelius avec Piotr Anderszewski, suivi de deux extraits du concert parisien de l’Orchestre Métropolitain dirigé par Yannick Nézet-Séguin. Le dimanche soir sera largement occupé par des extraits des éditions 2016, 2017 et 2018 du Festival de jazz de Montréal.

Quelques recommandations : samedi, Valery Gergiev dans les Symphonies n° 3 et 6 de Tchaïkovski (9 h 04), La flûte enchantée, de Mozart, vue par les metteurs en scène Barbe et Doucet à Glyndebourne (14 h 41) et, dimanche, le Requiem de Verdi à Milan par Teodor Currentzis (13 h 01) suivi du 2e Concerto de Prokofiev par Daniil Trifonov. Dans la nuit, enregistrez Pollini et Abbado à Lucerne et Ivan Fischer à Budapest. À partir du 17 juin, Mezzo sera disponible sur Télé Optik et Telus, dont les abonnés bénéficieront de deux mois gratuits.

Don Giovanni par temps de pandémie

Revenons-en à Internet, avec l’OSM qui, pour sa 14e semaine, diffuse la 81e Symphonie de Haydn et le 1er Concerto de Liszt (soliste George Li) dirigés par Michael Tilson Thomas en mai 2019, un grand souvenir, et Don Juan de Strauss et le Boléro de Ravel enregistrés en 2015 sous la direction de Kent Nagano. L’Orchestre de Philadelphie propose, depuis ce jeudi 18 juin, la 9e Symphonie de Bruckner par Yannick Nézet-Séguin, captée en mai 2014. Si la comparaison vous intéresse, il existe un document contemporain (3 octobre 2014) de la même œuvre par Kent Nagano avec l’Orchestre de Göteborg, superbement filmé et accessible sur Vimeo. Le concert du Carnegie Hall s’annonce grandiose cette fin de semaine avec Leonidas Kavakos et Valery Gergiev dans le Concerto pour violon de Brahms et la 5e Symphonie de Chostakovitch.

Mais l’heure est désormais aux concerts post-confinement. À Paris, l’Orchestre de Radio-France, qui avait si bien réussi avec Kent Nagano, poursuivait ce jeudi avec Daniel Harding, dans un programme Stravinski (Apollon musagète), Messiaen et Berg. Harding revenait de Stockholm où il avait clos la saison de l’Orchestre symphonique de la Radio suédoise dans une version « miseen scène pour l’écran » du Don Giovanni de Mozart par Andrew Staples et le scénographe Bengt Gomér.

Nous vous avions annoncé ce projet audacieux que nous avons pu juger depuis. Cet événement de la semaine est une nouvelle étape franchie dans la réalisation de concerts sans public. Dans cette représentation semi-scénique filmée en noir et blanc, Staples utilise tout ce qui façonne notre réalité récente (grisaille, vide, solitude, technologie, déshumanisation) et relève le défi avec maestria. C’est absolument glaçant, voire effrayant. Le tableau final aurait pu être : « Plus jamais ça : donnez à la recherche médicale, vivement un vaccin ! » Mais ce « plus jamais ça » remue profondément. Représentation très bien distribuée, avec Peter Mattei dans le rôle-titre.

Le retour de Sarah Connolly

Le Concertgebouw d’Amsterdam poursuit sa série de concerts en direct ce vendredi à 14 h 15 avec Semyon Bychkov dans la 5e Symphonie de Tchaïkovski. On rappelle que la scène amstellodamoise permet un dégagement arrière de l’orchestre assurant la nécessaire distanciation tout en augmentant le nombre de musiciens sur scène. À l’Opéra de Berlin, Daniel Barenboïm, au piano, s’est joint à un ensemble de chambre dans le Carnaval des animaux, de Saint-Saëns. Mais cette fin de semaine, la programmation berlinoise prend une autre ampleur avec un récital de Lieder ce vendredi et, surtout, samedi à 13 h, un gala d’opéra réunissant René Pape, Olga Peretyatko, Elsa Dreisig, Charles Castronovo et d’autres vedettes du chant. Presque à la même heure (12 h 30) Juan Diego Florez sera en direct de Vienne.

Samedi sera surtout un jour très émouvant pour les admirateurs de la mezzo-soprano Sarah Connolly, qui combattait un cancer depuis plusieurs mois. Elle revient pour chanter la réduction Schoenberg du Chant de la terre de Mahler en direct de l’Opera Royal de Covent Garden de Londres à 14 h 30.

Toujours en direct, à 20 h, Yannick Nézet-Séguin animera le « At-Home Gala » de l’Orchestre de Philadelphie avec Wynton Marsalis, Steve Martin, Nicola Benedetti, Lang Lang, Renée Fleming et Yo-Yo Ma.

Pour conclure, vous vous souvenez peut-être que dans nos premiers textes nous vous avions conseillé de profiter du confinement pour découvrir prioritairement, à travers ses vidéos, le jeune chef finlandais Klaus Mäkelä. Eh bien, à 24 ans, Klaus Mäkelä vient d’être nommé, ce jeudi 18 juin, à la stupéfaction générale, directeur musical de l’Orchestre de Paris en remplacement de Daniel Harding, au nez et à la barbe, entre autres, de Tugan Sokhiev, Pablo Heras-Casado et François-Xavier Roth. Mäkelä dirigera le 9 juillet le premier concert avec public à la Philharmonie de Paris et cela « libère » trois chefs intéressants pour l’OSM !

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