Krzysztof Penderecki, Choeur de Cracovie, Orchestre symphonique de Montréal

« En répétitions, Penderecki disait fort peu de choses en dépit de mes demandes répétées de commentaires, souhaits ou critiques. […] En voiture […], il m’avoua tranquillement que notre lecture était si différente, si transparente, si texturée, subtile et remplie de contrastes dramatiques qu’il lui semblait entendre l’œuvre pour la 1re fois. Surpris et fasciné par l’expérience, il avait consulté la partition de nombreuses fois pour voir ce qu’il avait écrit il y a 50 ans. Il y eut un moment de silence, il a pris mon bras et a remercié l’OSM. Brusquement, il a levé les bras et s’est écrié qu’il approuvait ce que le compositeur avait écrit. » Kent Nagano a partagé avec nous ce souvenir le jour de la mort de Penderecki. Ce dernier, un homme exquis, savait-il aussi bien que Brahms manier le double sens ? Cette interprétation n’a rien à voir avec celles de Czyz, Penderecki et Wit. En 10 minutes de moins, Nagano dirige une étrange Passion, où la fulgurance du geste remplace la méditation et les strates sonores. Le public jugera, notamment par rapport à Wit.

 

Krzysztof Penderecki ― Lamentation de Jérémie partie 1, version de Kent Nagano puis Antoni Wit

 

Krzysztof Penderecki ― Lamentation de Jérémie partie 2, version de Kent Nagano puis Antoni Wit

 

Krzysztof Penderecki ― In Te Speravi, version de Kent Nagano puis Antoni Wit

Penderecki

★★★
​Classique

Choeur de Cra-covie, Orchestre symphonique de Montréal, Kent Nagano, BIS 2287 SACD