Migrant Birds, TootArd

Objectif pleinement atteint pour les frères Hasan et Rami Nakhleh, qui composent le duo TootArd, originaire du plateau du Golan occupé : celui de transmettre toute la luxure, la décadence et l’innocence lustrée d’une soirée en discothèque où se côtoieraient néons, miroirs, moustaches, épaulettes, fumée de cigarette et de chicha (ou serait-ce un mariage ?). Une illusion se déroulant à Beyrouth, au Caire ou encore à Damas au faîte de la décennie 1980. Tout y est, même le mélodrame senti des thématiques abordées (exile, désir de liberté). Hommage aux pionniers du disco arabe tel Ihsan Al Munzer, Migrant Birds est une lettre d’amour en quarts de ton aux synthés rétro et au laisser-aller de la danse, avec un petit quelque chose de Kraftwerk (Open Sesame). C’est à peu de chose près l’opposé direct de leur dernier, Laissez passer (2017), concoction de blues-rock touareg psychédélique façon Tamikrest. Reconversion réussie, mais durera-t-elle ?

Migrant Birds

★★★ 1/2
​Électronique

TootArd, Glitterbeat