Retour progressif d’orchestres déconfinés

Au Concert-gebouw d’Amsterdam, les chaises de la salle ont été démontées pour laisser place aux musiciens, assez éloignés les uns des autres pour jouer un répertoire symphonique « normal ».
Photo: Milagro Elstak Au Concert-gebouw d’Amsterdam, les chaises de la salle ont été démontées pour laisser place aux musiciens, assez éloignés les uns des autres pour jouer un répertoire symphonique « normal ».

Si le rendez-vous de cette douzième semaine de notre carnet de concerts est anticipé, c’est parce que ce jeudi soir, l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) retrouve en formation réduite la scène de la Maison symphonique.

La présentation, ce jeudi à 19 h sur la page Facebook et sur le site Internet de l’OSM du Divertimento K. 136 de Mozart et de la Sérénade pour vents op. 44 de Dvořák par 26 musiciens a été possible « grâce à la mise en œuvre d’un rigoureux protocole de mesures sanitaires élaboré par la Maison symphonique, en collaboration avec la Place des Arts et l’OSM », expliquait mercredi Madeleine Careau, chef de la direction de l’OSM dans un communiqué à sa clientèle.

Comme le précise Mme Careau, le retour « découle de la décision du gouvernement du Québec, annoncée le 22 mai par la ministre de la Culture et des Communications, Mme Nathalie Roy, de permettre à nouveau, sous certaines conditions, l’utilisation des salles de concert pour fins d’enregistrement. » Un guide sanitaire validé par le Comité des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail et la Santé publique est attendu justement ce jeudi et devrait permettre de définir à terme les modalités d’accès du public.

Des orchestres

Plus spectaculaire, le Concertgebouw d’Amsterdam renoue quant à lui avec une vieille tradition. Avant les années 2000, les principaux enregistrements audio se faisaient avec l’orchestre dans la salle, toutes chaises démontées. Cette méthode avait été abandonnée depuis que l’orchestre s’enregistrait en concert, mais il y renoue cette semaine, ce qui permet, avec distanciation, de jouer un répertoire symphonique « normal ». Sous la direction de Gustavo Gimeno, son ancien timbalier devenu directeur musical de l’Orchestre symphonique de Toronto, la 7e Symphonie de Beethoven a été diffusée mercredi et la 8e Symphonie de Dvořák le sera demain vendredi à 14 h 15. Ça fait du bien…

De Suède, nous parviendra vendredi à 13 h la 4e Symphonie de Sibelius sous la direction de Daniel Harding. Le concert du 28 mai avec Andrew Manze dans des Hymnes de Händel et la merveilleuse 5e Symphonie de Vaughan Williams est toujours accessible. Pas de public, ce qui étonne pour un pays non confiné qui prône l’immunisation collective.

Il faut aussi parler du nouveau phénomène : les « Lunchtime Concerts » du Wigmore Hall de Londres. Filmés et enregistrés sans public par la BBC, ils sont un modèle de ce que pourrait et devrait faire ici Radio-Canada et sont déjà diffusés par sept pays européens. Vendredi, à 8 h du matin, Pavel Kolesnikov et Samson Troy joueront des œuvres à 4 mains, notamment la Fantaisie de Schubert. Lundi, on entendra Steven Isserlis.

Parmi les archives, à partir de ce jeudi à 20 h, Philadelphie diffusera la 9e Symphonie de Bruckner par Yannick Nézet-Séguin captée en 2014 et le Métropolitain mettra en ligne une archive du même chef en 2001 dirigeant Angela Cheng dans le 1er Concerto de Rachmaninov. Le concert de Carnegie Hall cette fin de semaine est dirigé par Gustavo Dudamel avec son orchestre de jeunes musiciens vénézuéliens, une captation de 2016.

Des opéras

Si vous êtes restés sur votre faim avec le Boris Godounov bulgare en fin de semaine dernière, l’Opéra de Vienne va vous combler à partir de 13 h samedi avec une représentation de 2016, très bien distribuée, René Pape en tête.

Grand Opéra, trop rare à la scène en Amérique du Nord, le Freischütz de Weber est diffusé de vendredi matin à dimanche soir par la Semperoper de Dresde sous la direction de Christian Thielemann dans une mise en scène d’Axel Köhler. Ce vendredi également, l’Opéra de Vienne donne accès à la première mouture de Fidelio de Beethoven, intitulée Leonore. Cette représentation du 1er février 2020 est dirigée par le Tchèque Tomáš Netopil.

Les amateurs de mises en scène un peu plus hardies se risqueront à tester deux spectacles. Tout d’abord la Salomé d’Ivo van Hove à l’Opéra des Pays-Bas à partir de dimanche 13 h. Daniele Gatti y dirige Malin Byström. D’autre part, la Flûte enchantée du très original Romeo Castellucci au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles. Dépaysement assuré, satisfaction non garantie !

Enfin, pour les découvreurs de répertoire, l’incontournable de la semaine est The Exterminating Angel de Thomas Adès que le Metropolitan Opera rediffuse vendredi à partir de 19 h 30.

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