Votre carnet de concerts de la fin de semaine (X)

Scène de l'opéra «Moby Dick»
Photo: Cory Weaver / Opera de San Francisco Scène de l'opéra «Moby Dick»

Lorsqu’à la mi-mars tout s’est arrêté, plusieurs orchestres ou institutions ont diffusé les programmes fraîchement préparés devant des salles vidées de leur public. On se souvient ainsi des Symphonies nos 5 et 6 de Beethoven avec Yannick Nézet-Séguin à Philadelphie. Les débuts du déconfinement ont permis à des musiciens de se côtoyer. Même si la question des rassemblements et des distanciations dans les salles reste en suspens, certains ont voulu immortaliser ces rencontres musicales, comme à Berlin le 1er mai, concert du Philharmonique diffusé par Mezzo ce vendredi à 11 h.

C’est d’un pays non confiné, la Suède, que nous viennent, les mercredis à 13 h, des concerts en direct avec un orchestre réduit à 40 musiciens distanciés. Cette semaine, Nina Stemme chante Wagner, et Alan Gilbert dirige Debussy et Schubert. Medici.tv peaufine le concept en organisant à Paris des concerts de musique de chambre dans un cadre habilement choisi. Ces concerts à huis clos d’une série « Rendez-vous à Paris » sont offerts sur inscription. Évidemment, à terme, les inscrits recevront des propositions d’abonnement. Le Devoir se penchera samedi sur le modèle économique de la vidéo musicale.

Une nouvelle mosaïque

Dans le cadre des « Carnegie Hall Fridays », toujours sur Medici, Anne-Sophie Mutter et son orchestre de chambre jouent Bach, Previn et les Quatre saisons de Vivaldi. À en juger par l’extrait distillé pour mettre en appétit, le voltage est élevé. Carnegie Hall et treize violoncellistes ont rendu hommage, jeudi, à Lynn Harrell disparu récemment. L’institution ne précise pas combien de temps la vidéo sera disponible.

Le Festival de Bergen, en Norvège, se tient en ligne du 20 mai au 3 juin. Un grand concert Grieg, dimanche à 15 h 15, heure de Montréal, nous vaut la présence dans le Concerto pour piano du pianiste islandais Víkingur Ólafsson.

Ici, l’Orchestre Métropolitain a produit une nouvelle vidéo mosaïque sur Nimrod d’Elgar pour marquer la fin de sa saison. Intéressant de comparer le tempo et l’élan de cette version d’une explosion printanière par rapport à la paix intérieure du légendaire concert de Paris.

L’Orchestre symphonique de Montréal diffusera Tunnel azur de Robert Normandeau et le Concerto pour violoncelle de Schumann avec Truls Mørk, alors que la Société de musique contemporaine du Québec proposera la semaine prochaine, mercredi 27 mai à 10 h 30, le concert « Compositeurs en herbes » dans le cadre de l’année Katia Makdissi-Warren. Des créations d’élèves pourront être entendues lors d’un concert virtuel accessible par inscriptions sur la plateforme Zoom.

Opéras dignes de mention

En concert, c’est une fois encore d’Amsterdam que l’on trouve le meilleur avec une Messe en si de Bach dirigée en décembre 2017 par Philippe Herreweghe et, répertoire rare en vidéo, la Gran Partita pour treize instruments à vent de Mozart.

L’opéra reste le grand gagnant de cette période, avec les Wagner, Verdi et Mozart habituels, mais aussi la possibilité d’un élargissement de répertoire. L’orfèvre de Gand de Schreker à l’Opéra de Flandre ayant tenu toutes ses promesses, vous pouvez poursuivre l’exploration de l’œuvre lyrique de Rimski-Korsakov, entreprise avec le Tsar Saltan de Bruxelles, en découvrant La légende de la cité invisible de Kitège et de la vierge Févronia disponible dans une captation de l’Opéra national des Pays-Bas. Il s’agit de la représentation de février 2012 publiée en DVD sur Opus Arte et mise en scène par Dmitri Tcherniakov : un bijou très différent de la version à l’ancienne mystique et féerique, mais assez kitsch du Mariinski des années 1990 (Gergiev). Opéra à découvrir, mais dont on attend une vraie vision plus littérale et onirique qui ne tombe pas dans le carton-pâte.

Autre archive sur Operavision : la Lady Macbeth de Mtsensk dirigée par Mariss Jansons et mise en scène par Martin Kusej. On remonte à 2006, mais le coup de poignard reste le même : tensions et passions bouillonnantes avec une distribution de haut vol, Eva-Maria Westbroek en tête. Attention : ce n’est pas du genre que l’on voit à l’Opéra de Montréal ! À propos de l’OdM, ceux qui y ont aimé Dead Man Walking de Jake Heggie seront aussi curieux que nous l’aller visionner, à partir de samedi 13 h et jusqu’à dimanche soir, son opéra Moby Dick diffusé par l’Opéra de San Francisco.

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