George Antheil, Philharmonie du Wurttemberg

Même si Peteris Vasks notait que les orchestres de chambre ont une programmation plus inventive que les institutions symphoniques, ils ont très souvent recours à des réductions d’œuvres symphoniques ou à des élargissements de quatuors, alors que des compositions admirables n’attendent que d’être programmées. Rappelons-nous les sérénades « brahmso-dvorakiennes » de Robert Fuchs (1847-1927) ! Les sérénades d’Antheil (1900-1959), ici couplées au ballet Dreams écrit pour Balanchine en 1935, sont de cette trempe. Nous avons souvent attiré votre attention sur ce compositeur très accessible. Ces deux sérénades datent de 1948 et 1950 et se rangent dans un courant clairement néoclassique, parfois très ouvertement américain (2e mouvement de la 2e Sérénade), mais avec en filigrane une touche française qui rappelle les atmosphères des musiques de film d’Auric ou de Honegger. L’invention mélodique est brillante et on y voit surgir, notamment dans le finale de la 2e Sérénade, les références russes (Prokofiev plutôt que Chostakovitch, ici) qu’Antheil aime tant.
 

Fawzi Haimor dirige la 1re Sérénade de George Antheil

George Antheil

★★★★
​Classique

Philharmonie du Wurttemberg, Fawzi Haimor, CPO 555 196-2