Votre carnet de concerts de la fin de semaine (IX)

Le violoncelliste Jan Vogler
Marco Grob Le violoncelliste Jan Vogler

Les capitales changent : New York, Berlin, Amsterdam et, cette semaine, Dresde. Le violoncelliste Jan Vogler, à l’origine de « Music Never Sleeps NYC », diffusion de 24 heures en continu depuis New York le 27 mars dernier, réédite l’opération pour pallier l’annulation du Festival de musique de Dresde, dont il est le directeur artistique.

« Music Never Sleeps DMF » à compter de samedi à 12 h, heure de Montréal, impliquera plus de 50 artistes qui offriront des prestations depuis leurs salons ou en studio. On y retrouve les chefs Fabio Luisi et Omer Meir Wellber, les violonistes James Ehnes et Gil Shaham, les violoncellistes Mischa Maïsky et Gautier Capuçon, les pianistes Martin Stadtfeld et Boris Giltburg, et des chanteuses et chanteurs tels que Simone Kermes, Bryn Terfel ou José Cura. Jan Vogler et Ute Lemper assureront la présentation, cimentée par des extraits d’éditions antérieures, avec notamment l’Orchestre du Mariinski et Valery Gergiev. Le Prix du festival sera virtuellement remis à la chanteuse et cheffe d’orchestre canadienne Barbara Hannigan, et on annonce même la participation de Rufus Wainwright. Attention : il faudra peut-être passer par la chaîne YouTube de « Music Never Sleeps NYC » pour accéder au livestream.

Le Québec répond présent

À propos de chaînes YouTube, celle de Deutsche Grammophon propose, vendredi à 15 h, un « moment musical » en direct avec Hera Hyesang Park, 2e Prix et Prix du public du Concours musical international de Montréal, qui est en train de creuser son sillon au Metropolitan Opera. Pour rester au Québec, sur un air festivalier, Richard Turp, directeur des Concerts Lachine, organisera un Festival 2020 (5 au 19 juillet) virtuel. Le 28 mai, « 6 ou 7 concerts », selon les dires de M. Turp au Devoir, seront annoncés. Pas de public dans la salle, selon les recommandations de l’heure, mais l’organisateur est évidemment à l’affût des pourparlers menés par les exploitants de salles de cinéma ! On ne sait jamais…

Le Festival Mahler virtuel du Concertgebouw d’Amsterdam se conclut cette fin de semaine, avec la Symphonie des mille par Mariss Jansons vendredi, la 9e Symphonie par Bernard Haitink samedi, et Le chant de la terreavec Fabio Luisi dimanche. Si vous aimez la 9e Symphonie, ne manquez pas de comparer la version Haitink au concert donné en décembre 2019 par Teodor Currentzis à Stuttgart.

Philadelphie diffuse depuis jeudi soir un Requiem de Verdi par Yannick Nézet-Séguin et l’Orchestre Métropolitain rendra disponible ce soir la bande sonore de la Quatrième de Bruckner donnée en concert à Philadelphie par le Métropolitain : un grand moment. Autre concert diffusé en audio, par l’Orchestre de Philadelphie, jeudi 21 mai : le Concerto pour clarinette de Mozart par Ricardo Morales et Bernard Labadie. Quant à l’OSM, il diffuse cette semaine (en vidéo) Till Fellner et Kent Nagano dans le 3e Concerto de Beethoven.

Dernière initiative d’ici : « Je reviendrai à Montréal » du Concours international de Montréal donne la voix aux candidats sélectionnés pour l’épreuve 2020, reportée. Ils se présentent ainsi d’ores et déjà à leur public de 2021.

Recommandations de la semaine

Le concert virtuel de Carnegie Hall donné vendredi, disponible jusqu’à dimanche, est à voir assurément : Martha Argerich et Antonio Pappano dans le 3e Concerto de Prokofiev, avec les Pins et les Fontaines de Rome de Respighi en seconde partie.

Si vous avez accès à PBS ou par l’Internet, à 21 h vendredi soir, Mass de Bernstein par Marin Alsop, une grande spécialiste de l’œuvre. Si nous vous avons plongé la semaine dernière dans une comparaison des productions de Wozzeck de Berg, ne manquez pas la prise de rôle de Christian Gerhaher dans la mise en scène d’Andreas Homoki à Zurich. Et si vous êtes en manque de Wagner, la fin de semaine vous offre (en théorie, même si les dates indiquent la fin de semaine prochaine) les affiches impressionnantes d’un Lohengrin à Dresde et d’une Walkyrie à Vienne.

Enfin, si vous avez aimé l’introduction à Mahler à travers Keeping Score de Michael Tilson Thomas, sachez que James Conlon, directeur musical de l’Opéra de Los Angeles, donne des conférences sur Internet (en anglais) sous forme de balados sur des opéras. Ces temps-ci, il décortique Les noces de Figaro après s’être plongé dans Pelléas et Mélisande. C’est captivant.