Grigory Sokolov, Beethoven

Phénomène fascinant, intrigant ou exaspérant : « le » label classique renie tout ce qui fait qu’il est un éditeur de disques et ce que devrait être un disque afin de publier des documents d’un artiste « à l’approche unique de la vie et de la musique » (sic !), le pianiste Grigory Sokolov. Se renier, c’est « endisquer » en 2020 des bandes avec bruits de fond de concerts parfois médiocrement enregistrés sur des pianos parfois douteux (celui de la ville de Rabbi pollue les Pièces op 118 et 119 de Brahms et Les sauvagesde Rameau). Alors, oui, Sokolov passe pour un gourou du piano, un magicien des sons, comme Volodos ou Lupu. Mais quand le son est pourri, la magie opère peu. Et des gourous, il y en a d’autres : Babayan, Kolesnikov… On en vient donc à la question de l’unicité de l’artiste. Nous concernant, tous les précités et les Hough, Osborne de ce monde nous nourrissent davantage que Sokolov. Quant à réécouter infiniment un tel CD, c’est aussi réécouter tel son impur ou telle toux. On laisse donc la chose à ceux qui vouent un culte à M. Sokolov.

Écoutez Op. 118 - III. Ballade. Allegro energico

Grigory Sokolov

★★
​Classique

Beethoven, Brahms, « Bis », DG 483 6570