Une ouvrière au service de la chanson

Le décès de Renée Claude à 80 ans, de la COVID-19, a fait ressurgir de nombreux souvenirs dans le milieu culturel mardi.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le décès de Renée Claude à 80 ans, de la COVID-19, a fait ressurgir de nombreux souvenirs dans le milieu culturel mardi.

L’animatrice Monique Giroux se souvient d’avoir vu Renée Claude danser sur ses propres chansons, à l’anniversaire de ses 40 ans. Le compositeur François Dompierre se rappelle l’avoir accompagnée, dans la fleur de l’âge, lors de tournées qu’elle menait, dans les années 1960 et 1970.

Le décès de Renée Claude à 80 ans, de la COVID-19, alors qu’elle était atteinte de la maladie d’Alzheimer, a fait ressurgir de nombreux souvenirs dans le milieu culturel mardi.

L’interprète, qui a été parmi les premières à reprendre les chansons de Gilles Vigneault ou de Jean-Pierre Ferland, est toujours perçue comme l’une des grandes voix du Québec.

À l’époque, les grandes interprètes étaient peu nombreuses au Québec, rappelle Monique Giroux, qui a aussi été avec Nicolas Lemieux derrière le réenregistrement, en mars 2019, de la chanson, Tu trouveras la paix, par 11 chanteuses, en hommage à Renée Claude, et au profit de la Fondation du CHUM pour la recherche sur l’alzheimer.

Cet enregistrement a ensuite donné lieu cet automne à un magnifique spectacle hommage, donné en compagnie de l’Orchestre symphonique de Montréal, avec notamment Clémence Desrochers et Louise Forestier, des proches de l’artiste.

Mardi, une déferlante d’hommages destinés à la belle interprète qui a notamment immortalisé la chanson C’est le début d’un temps nouveau, tube de Stéphane Venne.

« Renée Claude, une grande et belle voix qui aura marqué notre culture québécoise », écrivait sur Twitter la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Nathalie Roy.

« Renée Claude aura influencé tant de femmes en chanson », ajoutait la mairesse de Montréal Valérie Plante. L’auteur-compositeur-interprète Vincent Vallières a souhaité « la paix parmi les étoiles », à Renée Claude. L’humoriste François Pérusse a parlé d’« une voix qui l’accompagne depuis la petite enfance ».

Monique Giroux a rencontré Renée Claude lors d’une entrevue que la chanteuse lui avait accordée il y a des décennies, à l’antenne de CIBL. Les deux femmes sont restées amies.

« Elle avait quelque chose que d’autres n’avaient pas » se souvient-elle, une sorte de « classe » qui la suivait en toute occasion.

« Elle avait une grande rigueur, ajoute-t-elle. Pour elle, ça n’était pas un divertissement de chanter ». Renée Claude se voyait, dit-elle, comme une « ouvrière », au service de la chanson.

François Dompierre, qui aussi enregistré plusieurs albums avec Renée Claude se souvient lui aussi d’une perfectionniste qui enchaînait les répétitions. « Elle était méticuleuse », dit-il.

Lorsqu’il est passé la voir, l’automne dernier, dans le CHSLD où elle vivait depuis plus de deux ans, il a été frappé de la voir ainsi amoindrie. « Elle qui avait été si belle, si droite. Elle était comme affaissée », dit-il.