Dark Star, Ropoporose

Dans cette conjoncture particulière de saturation culturelle, tout a déjà été fait. Par conséquent, l’important, c’est le concept. Donc, si ce troisième album du duo originaire de Vendôme porte le même titre que le premier film (1974) de John Carpenter, ce n’est pas un hasard. C’est que Pauline et Romain Benard proposent une relecture psyché-postrock-kraut de la b.o. du classique de science-fiction existentiel kitsch. En fait, le projet Dark Star était à la base un ciné-concert — mais ça, comme on le sait, ça n’existe plus pour un moment. La musique originale de cette comédie galactique en huis clos, signée par Carpenter lui-même, était dominée par les synthés, mais c’est la guitare qui prédomine dans la version de Ropoporose. Résultat : une rencontre, à la fois dense et astrale, entre Neu! et Sonic Youth. Angoisse, isolement, perte de contrôle (la bombe va-t-elle exploser ?)… Tout ça est bien rendu par neuf pièces instrumentales. Seul l’humour caustique de Carpenter semble absent.

Dark Star

★★★ 1/2
​Rock

Ropoporose, Figures libres records