Franz Schubert, Philippe Cassard

Dans ce second disque Schubert pour La Dolce Volta, le pianiste français Philippe Cassard a choisi deux sonates très contrastées : la mineur (D. 845) et ré majeur (D. 850). En soupape entre les deux univers, il intercale trois courtes valses. La phrase mise en exergue par l’artiste ne trompe pas : « Abandonné de tous, la Mort pour seule parente, je m’arrête au bord de la tombe […] et je regarde […] le fond du trou. » Mais elle ne résume pas vraiment le disque. D’une part, il y a les vastes espaces de la D. 850 que Cassard voit justement comme une randonnée pianistique (Schubert le voyageur, le Wanderer). D’autre part, il joue la D. 845 avec fermeté et intransigeance, sans souligner le tragique morbide. Schubert est le Wanderer de sa propre vie, mais, droit dans ses bottes, il affronte le destin. Pour plus de pathos, allez vers Goode ou Uchida, mais quel bonheur, ici, d’entendre un vrai pianissimo dans l’allegro vivace ! Dans la D. 850, Ashkenazy est une référence méconnue que Cassard surpasse, en esprit, dans le finale.

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Franz Schubert

★★★★
​Classique

Philippe Cassard, La Dolce Volta LDV72