I Grow Tired But Dare Not Fall Asleep, Ghostpoet

Cinquième album pour l’auteur-compositeur-interprète britannique Ghostpoet (Obaro Ejimiwe), I Grow Tired But Dare Not Fall Asleep se révèle encore plus tortueux dans ses mots que dans sa musique, entre art rock, rap champ gauche et musiques électroniques. Sorte de croisement entre Gil Scott-Heron, en presque aussi lyrique, et les Bad Seeds, en moins déchaîné, dans l’intention comme dans le ton ; se dégage de ses textes le désespérant besoin de fuir. « Complicated times, let me ease your mind / I am your machine, let me do the time / Is the tragic fear tearin’ us apart ? », récite-t-ildans l’extrait Nowhere to Hide Now, lugubre groove postpunk constituant l’une des plus saisissantes pièces de cet album avec This Trainwreck of a Life, sur laquelle on entend la voix (en français) de la musicienne Sarasara. Une oppressante tension suit comme leurs ombres les chansons de Ghostpoet, dont l’écoute des textes révélera un sens nouveau pendant la pandémie ; un autre disque puissant de cet habitué aux courtes listes du Mercury Prize.

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I Grow Tired But Dare Not Fall Asleep

★★★★
IRock

Ghostpoet, PIAS