Vikingur Olafsson, Debussy – Rameau

C’est le pianiste que l’on n’attendait pas. Cet Islandais de 36 ans est arrivé chez Deutsche Grammophon avec un disque Philip Glass et a poursuivi avec un récital Bach à la programmation raffinée. Très astucieux, Olafsson constitue un parcours discographique fascinant (un vrai « programme de disque ») tout en multipliant les plages (les fameuses « sources à clics » qui rapportent à l’ère du streaming). Dans ce troisième opus, il met en regard Debussy et Rameau, passant de l’un à l’autre subrepticement comme un magicien, voire un sorcier : ah, la transition entre Gigues en rondeaux de Rameau et Jardins sous la pluie ! Que ceux qui doutaient encore que Rameau était un génie visionnaire restent confondus… La première évidence, qui rapproche Vikingur Olafsson de Pavel Kolesnikov, c’est une éthique sonore. Il y a un « univers Vikingur » que le pianiste installe dès la première plage. Si vous voulez rester « scotchés » à un disque comme vous pouvez rester accrochés à une série télévisée, essayez cette expérience qui sort de l’ordinaire.

Vikingur Olafsson

★★★★ 1/2
Classique

Debussy – Rameau, Deutsche Grammophon 483 7701