Décès du saxophoniste Manu Dibango

La nouvelle de la mort de la légende a suscité une chaîne de réactions dans le monde.
Photo: Rodger Bosh Agence France-Presse La nouvelle de la mort de la légende a suscité une chaîne de réactions dans le monde.

Manu Dibango, saxophoniste camerounais et légende de l’afro-jazz, est décédé en France des suites du coronavirus à l’âge de 86 ans, a indiqué mardi à l’AFP Thierry Durepaire, gérant des éditions musicales de l’artiste.

L’auteur d’un des plus grands succès planétaires de musique du monde, Soul Makossa (1972), est la première célébrité mondiale à mourir des suites du virus. « Il est décédé au petit matin, dans un hôpital de la région parisienne », a dit M. Durepaire à l’AFP. « Les obsèques auront lieu dans la stricte intimité familiale, et un hommage lui sera rendu ultérieurement dès que possible », peut-on lire sur la page Facebook de l’artiste, tenue par son entourage.

La nouvelle de la mort de la légende a suscité une chaîne de réactions dans le monde. « C’est une perte énorme, a confié, ému, Martin Meissonnier, DJ et producteur historique des musiques du monde, à l’AFP. Son héritage, immense, va rester; sa créativité était géniale, il faisait danser les gens, avec une efficacité redoutable. Je suis anéanti par son décès. La première fois que je l’ai vu, j’avais 14-15 ans, j'étais fan. Depuis on est restés amis. »

C’est lui qui aura fait entrer Meissonnier au magazine Afro-Music. « Depuis que j’ai été amené à produire des disques, il n’a cessé de me donner des bons conseils. Il n’était pas snob, il était l’ennemi du snob. Contrairement à ceux qui l’ont méprisé, qui ne comprenaient pas ce qu’il faisait. Il rendait les gens heureux. Il était toujours partant, dès qu’il y avait un truc où il pouvait souffler [dans son saxo], il y allait. »

Sur Twitter, le ministre français de la Culture, Franck Riester, a salué « la générosité et le talent » de Manu Dibango, ce dernier ne connaissant « pas de frontières. Chaque fois qu’il montait sur scène, il se donnait sans retenue à son public pour le faire vibrer d’émotion ».

Soul Makossa, le morceau qui l’a fait naître, a connu un étonnant destin. Ce n’était au départ que la face B d’un 45 tours dont le titre phare était un hymne pour l’équipe de football (soccer) du Cameroun à l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations.

Repéré par des DJs new-yorkais, le titre a connu mille vies. Manu Dibango avait même accusé Michael Jackson de plagiat sur un morceau de l’album Thriller. Un accord financier avait finalement été trouvé.