Palissade, Palissade

Il y a quelques semaines, on annonçait que l’année 2020 serait résolument « gothique ». Les projets de post-punk abondants tiennent visiblement à réaliser cette prophétie. Entre en scène — bon, il y était déjà un peu avec un EP, Éclats, paru en 2017 — le trio de Québec Palissade, qui applique presque à la perfection les codes du genre. Avec des titres comme Jusqu’à la mort ou Trop tard, on est servis en matière de neurasthénie. Palissade s’abreuve plus volontiers à la coupe d’une coldwave mélodique aux synthés sifflants qu’à la disto brute d’un post-punk « classique » (si un tel concept existe). Disons qu’il est plus Asylum Party que Gang of Four. C’est très bien fait, cette réalisation : on reproduit avec génie un son distinctif. Tellement en fait que l’on perd de l’individualité du groupe. Lorsque le lecteur numérique atteint L’hiver (troisième piste), on a cessé d’écouter réellement au profit d’une réflexion intensive sur la bonne association à faire. L’imitation est certes le meilleur des hommages.

Palissade

★★★
​Post-punk

Palissade, Visage musique