And It’s Still Alright, Nathaniel Rateliff

Avec son groupe, les Night Sweats, Nathaniel Rateliff a un exutoire, un ventilateur géant pour l’âme, fut-elle en peine. Ça roule soul intense, ça fait du bon bruit, ça déménage le mal de place. Mais ce n’est pas suffisant pour aller au fond de la douleur du deuil d’un ami, pas plus que ça ne remplit le grand trou dans le cœur du divorcé : il faut de la place, de l’écho dans les guitares pour que les cordes sensibles résonnent, de la douceur dans les harmonies pour s’envelopper dedans. Ça ne fait pas d’And It’s Still Alright un album boulet : il s’agit au contraire d’avancer en chantant, de gratter la guitare sans agressivité, de ressentir sans s’appesantir. « All that I’ve seen through / I do it for you / All again », chante Nate à Mavis. « I’d hoped like a prayer that your brokenness would leave you », chante Nate à Richard. Le salut n’est pas ailleurs que dans les chansons, et Rateliff les suit là où elles vont, se laissant bercer en chemin, et advienne que pourra.

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And It’s Still Alright

★★★
​Folk

Nathaniel Rateliff, Stax Records / Concord