Orphée aux enfers, Marc-Antoine Charpentier

Dirigé par Lionel Meunier et Reinoud van Mechelen, par ailleurs haute-contre et titulaire du rôle d’Orphée, ce disque propose le couplage parfait de La descente d’Orphée aux enfers (1687), œuvre substantielle en deux actes, et d’une composition à trois voix (1684) plus brève sur le même thème. Par nature, cette mise en musique française, et non italienne, du mythe d’Orphée est intéressante. Elle l’est aussi musicalement, car il est primordial de dissocier Charpentier du trop célèbre Te Deum afin de « populariser » davantage d’autres œuvres, notamment celles, douloureuses, dont William Christie s’était fait jadis quasiment l’unique champion et dont Sébastien Daucé (HM) est aujourd’hui le chantre privilégié. Daucé a donné à ces descentes infernales un relief qu’O’Dette et Stubbs (CPO), pourtant auréolés d’un Grammy, avaient aplani. Dans Orphée aux enfers, Meunier et van Mechelen, admirable Orphée, adoptent une attitude interprétative plus contemplative et élégiaque, moins dramatiquement agissante ou raffinée, que celle de Daucé.

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Orphée aux enfers

★★★★
​Classique

Marc-Antoine Charpentier, Vox Luminis, A Nocte Temporis, Alpha 566