Yannick Nézet-Séguin présente la 40e saison de l’Orchestre Métropolitain

L’ensemble du programme est vu par Yannick Nézet-Séguin comme une saison «pour les Montréalais» une «saison de remerciements», qui fait le point «où l’on est et d’où l’on vient».
Photo: François Goupil L’ensemble du programme est vu par Yannick Nézet-Séguin comme une saison «pour les Montréalais» une «saison de remerciements», qui fait le point «où l’on est et d’où l’on vient».

L’Orchestre Métropolitain (OM) a révélé jeudi midi le contenu de sa saison 2020-2021, la quarantième de son existence. Elle s’achèvera, les 11, 12 et 13 juin, par un week-end marathon Beethoven, avec l’intégrale des Neuf Symphonies en quatre concerts.

Les Neuf Symphonies de Beethoven seront couplées à des créations de quatre lauréats d’un concours de composition lancé par l’OM pour cette 40e saison. « Ce n’est pas un concours de composition comme cela, dans les airs. Ce sera une réaction à l’influence de Beethoven dans la vie des compositeurs ou dans le monde. Nous faisons cela à Philadelphie cette année, non par concours, mais à travers des commandes. »

Ce « chaudron Beethoven » de trois jours est un choix assumé. « Le chaudron crée une concentration, une tension dans le bon sens du terme, qui permet à l’auditeur et au musicien, même si c’est très fatigant sur le plan physique, de vivre une expérience positive au niveau expressif. Je ferai la même chose avec l’Orchestre de chambre d’Europe, avec qui j’ai procédé ainsi pour Schumann et Mendelssohn. J’aime beaucoup cette formule : on vise moins la perfection, mais chez Beethoven, dans les imperfections on touche à l’esprit du compositeur. »

La saison la plus remplie

Curieuse idée, la 40e saison de l’OM débutera, le 20 septembre, par une symphonie surnommée « Tragique », la Sixième de Mahler. Prémonition de l’année 2020 telle qu’elle semble se dessiner ?

Yannick Nézet-Séguin poursuivra son cycle Sibelius avec la 5e Symphonie et En saga, toujours enregistré par ATMA, et donnera avec le Métropolitain son premier concert dans le cadre du Festival Bach de Montréal. Il s’agira, à travers l’oratorio Elias, d’un hommage à Mendelssohn qui fut, en tant que chef à Leipzig, à l’origine de la redécouverte de l’œuvre et de l’importance de Bach. Autres œuvres d’importance dirigées par le chef québécois : la 8e Symphonie de Chostakovitch, le 21 février, et le Requiem allemand de Brahms en avril.

Si l’on excepte le directeur musical et son bras droit, Nicolas Ellis, 100 % des chefs invités sont des femmes. Gemma New pour un concert coloré et spectaculaire avant Noël, JoAnn Falletta, qui dirigera Milos dans le Concerto d’Aranjuez, Simone Young avec la 6e Symphonie de Bruckner et Nathalie Stutzmann pour la Symphonie pathétique.

Serait-ce du sexisme à l’envers ? « Aucunement : je suis heureux et fier que lorsqu’on fait une démarche positive comme celle entamée l’année dernière, pour se connecter à l’histoire et corriger une situation, cela ne me dérange pas du tout d’avoir une saison exclusive une année. J’ai toujours dit que nous n’avons pas de quotas, mais de la suite dans les idées. Nous n’avons pas voulu faire un coup pendant un an », affirme le chef au Devoir, relevant qu’il y a eu assez de saisons exclusivement masculines pour ne pas s’arrêter sur ce détail.

L’ensemble du programme est vu par Yannick Nézet-Séguin comme une saison « pour les Montréalais » une « saison de remerciements », qui fait le point « où l’on est et d’où l’on vient ». « C’est la saison où nous jouerons le plus, la saison avec le plus grand nombre de présences à la Maison symphonique, le plus grand nombre de participations du chœur », souligne-t-il. Parmi les nouveautés, l’OM s’associera, en mars, dans le cadre du festival Danse Danse, avec l’English National Ballet pour des représentations de Giselle dirigées par Gavin Sutherland et chorégraphiées par Akram Khan.