Bach-Fortin, Olivier Fortin

Expatrié en Europe, où il mène une carrière florissante, le brillant claveciniste québécois Olivier Fortin y a exporté son ensemble Masques désormais à dominante belge, mais au sein duquel on retrouve Mélisande Corriveau, ici au violoncelle. Après deux CD consacrés à Telemann et à Weichlein, voici Fortin en terrain très balisé. Mais le musicien québécois a une parole musicale forte, qu’il exprime, entre autres, à travers le son et sa passion pour les instruments. Si ce disque subjugue, c’est en premier lieu par une fête des sens qui naît (pour celui qui est doté d’un minimum d’affinités pour le clavecin) d’un foisonnement de sonorités, Fortin jouant d’une copie de Jointe Knif et Arno Pelto de clavecins allemands et Frankenberg d’un instrument de Bruce Kennedy copiant un Mietke [du nom de Michael Mietke, facteur berlinois actif dans les années 1710]. L’alchimie de ces deux instruments est exceptionnelle, comme l’est le flux musical dans lequel s’inscrivent les interprétations et dont le 2e mouvement du Concerto BWV 1060 est un exemple magique.

Écoutez le 1er mouvement du Concerto BWV 1060

Bach-Fortin

★★★★ 1/2
Classique

Concertos pour deux clavecins, Olivier Fortin, Emmanuel Frankenberg, Masques, Alpha 572