Ressusciter les stigmates, Loïc April

Dix minutes. Il n’en faut pas plus à Loïc April pour… renaître. C’est qu’il n’en faut pas beaucoup plus pour disparaître, en ces jours ingrats : on l’avait un peu oublié, déjà, depuis le premier élan chez Bonsound. Vingt-trois secondes d’orgue Farfisa (ou est-ce du mellotron ?) pour tisser une nappe sans cordes de guitares, et puis zou ! C’est reparti pour quatre chansons qui s’efforcent de vivre très fort, même si la mort est partout. Tu ne peux plus mourir, La convention des plans mort-nés, Nous ne sommes plus de ceux qui se foudroient, chaque titre en rajoute sur le précédent, jusqu’à constituer un mode d’emploi. La marche à suivre : c’est le titre qui clôt ce disque charnière, geste d’acceptation de soi et preuve d’existence tout à la fois. Le timbre haut perché (pas loin d’un Alexandre Désilets) sert des mélodies très lyriques, la musique semble mue par une machine qui ne s’arrêtera plus. « J’apprends à mieux perdre pied », conclut Loïc, lucide et stoïque.

Écoutez Tu ne peux plus mourir

Ressusciter les stigmates

★★★
Pop indie

Loïc April, Indépendant