Nés pour aimer, Mort Rose

Ils sont quatre garçons pas tout à fait dans le vent, qui réalisent un rêve multicolore. Imaginez une plongée dans le chronogyre de l’émission Au cœur du temps, mais version québécoise, qui aboutit en plein studio Stereo Sound fin 1967. Imaginez que, sur place, ils enregistrent avec le matériel disponible (consoles analogues, chambres d’écho à ruban) des chansons pop-psych-yéyé dans le genre des Merseys et des Aristos. Imaginez qu’ils ont inhalé le vinyle de Pet Sounds, découpé la pochette de Sgt. Pepper’s en petits carrés imbibés d’acide lysergique, bref, qu’ils sont dans l’état idoine pour y croire. Imaginez un album d’époque tout neuf. Le résultat est-il à la hauteur de leur fantasme de visite guidée en tapis de Turquie (c’est plus parti) ? Oui et non. L’instrumentation et les traficotages sonores sont adorablement planants, les mélodies sont joliment tournées, ce n’est pas du pastiche ni de la parodie, mais on embarque à moitié. Chouette fabrication, mais fabrication néanmoins.

Écoutez Laurence

Nés pour aimer

★★★
Pop-psych

Mort Rose, Bonbonbon /  Return to Analog Records