Sergeï Prokofiev, Steven Osborne

S’il en était encore besoin, nous réitérerons ici que Steven Osborne est l’un des plus grands pianistes de notre époque. Il est en tout cas l’un de ces rares artistes dont on guette toute nouvelle contribution discographique. Celle-ci est consacrée à une trilogie connue sous le nom de « sonates de guerre » de Prokofiev, des œuvres dans lesquelles s’est notamment illustré Sviatoslav Richter. La version Osborne bénéficie cependant d’un instrument et d’une prise de son d’une beauté dont Richter ou Guilels n’ont jamais pu profiter. Le pianiste écossais se distingue aussi parce que, même si sa virtuosité est exemplaire, la « digitalité » ou la monumentalité passent au second plan derrière trois dimensions : une conception quasi orchestrale du piano, une saturation harmonique maximale (Steven Osborne fait sonner la musique) et une interpénétration des œuvres. L’exemple le plus patent est le sublime finale de la 6e Sonate, déjà parcouru des ombres et de ce doute qui planent sur toute la 7e Sonate de 1943. Ce CD est bien plus que de la musique.

Écoutez Sonates pour piano nos 6, 7 et 8

Sergeï Prokofiev

★★★★ 1/2
Classique

Sonates pour piano nos 6, 7 et 8, Steven Osborne, Hyperion, CDA 68298